Exposition Erwin Blumenfeld au Jeu de Paume

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Cela faisait un moment que je n’avais pas fait d’expo photos et c’est sur les conseils de Bliss in the city que je me suis rendue à celle-ci. Je commence seulement à me faire une petite culture photographique et il était temps que je m’y remette. Comme je vous l’avais déjà dit, le Jeu de Paume à Paris, à l’entrée du jardin des Tuileries est un espace parfait pour les expositions : vaste, joli lumière, avec juste ce qu’il faut de salle et de coins pour se sentir intime avec les clichés sans se sentir oppressé. Beaucoup de monde le dimanche, je vous conseille, si vous le pouvez un jour de semaine.

Erwin Blumenfeld (1897-1969) est un photographe de naissance allemande, juif de surcroît, qui a été profondément marqué par les événements de l’ensemble du 20 ème siècle. Il en déplore le carnage, aurait souhaité être le témoin d’un autre temps et a eu conscience d’échapper à tout avec ses proches que par pur hasard. Et son œuvre d’être marqué par le rejet de cette Allemagne dès 1919 et une fuite vers les Pays-bas. La suite le verra aller de Paris à New York, pour ne revenir dans son pays natal que dans les années 60, pour photographier l’architecture d’un Berlin en mutation, pansant ses blessures.

C’est la première fois que je suis face à un photographe qui a travaillé tant de facette de cet art : du photomontage, au portrait en passant par des nus artistiques et des photos mettant en relief l’architecture, on finit par le découvrir photographe de mode, avec un nombre impressionnant de couverture du magazine Vogues. Prolifique à souhait, il semble aller au bout de chacun de ses projets avec la même minutie, tout en s’accordant des récréations autour de son auto-portrait, sans jamais souffrir d’un complexe de Narcisse.

Ainsi les cinq salles d’expo suivent ces différentes thématiques. J’ai été fascinée par ses portraits, tant il joue avec de fort contrastes noir et blanc, qui mettent en exergue les traits des visages, jusqu’à donner l’illusion de la terreur. Comme lorsque môme, on joue avec une lampe torche sous le menton. La place du miroir est aussi omniprésente, présentant le fait que le son a besoin d’écho, l’image a aussi besoin de son double. Un cheminement artistique doublé d’une bonne réflexion sur l’existence par le regard des autres.

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J’ai beaucoup aimé aussi son travail sur l’urbanisme de Paris, Berlin et New York mis en parallèle sur trois écrans, photographies en couleur des années 60, au cœur d’une décennie prospère. Pour terminer, c’est son travail pour la mode dès les années 40 qui est mis en avant, montrant toute l’inventivité pour donner vie à des tenues et des accessoires, rendant hommage à la femme. Erwin Blumenfeld sortait des sentiers battus pour donner une autre dimension au travail des couturiers.

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Beaucoup d’hétéroclisme dans cette expo, sans pour autant perdre en qualité d’une piste à l’autre. Vous pouvez en profiter jusqu’au 26 janvier 2014.

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Roseline

Exposition Erwin Blumenfeld au Jeu de Paume (Concorde) du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014.

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