Jobs : Biopic 2.0 {Sortie DVD/BR}

21024430_20130805132418528_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx De 1974 à 1996, le parcours de Steve Jobs, un des plus grands inventeurs du 20ème Siècles, révolutionnaire absolu du Personnal Computer et Fondateur de Apple Inc. Quel homme était-il derrière une telle soif de réussir et d’innover toujours plus, pour proposer au monde des ordinateurs tant performants que beaux ? Une vision totale et sans concession qui, en parallèle du génie unique, nous donne à voir l’abnégation, la dureté et les déséquilibres d’un homme libre aux prises avec les réalités du business et les attentes économiques d’une société.

Depuis plusieurs années, le cinéma aime et veut mettre en image les destinées puissantes de grands hommes du monde contemporain : J. Edgar (2011), The Queen (2006), La dame de fer (2011), Hitchcock (2012)… Le biopic a le vent en poupe et même si certains s’en sont lassés, je suis de celle qui ne renie pas un genre parce qu’il est trop présent à l’écran. D’autant plus quand on revient sur des hommes qui ont changé mon monde : The social Network (2010) a ouvert la brèche et de belle manière, il était évident que Jobs m’attirerait. Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas une passionnée d’informatique, je m’y suis mise comme tout le monde. Je connais de loin (voir de très loin) la vie du fondateur d’Apple. Mais depuis petite, le combat de David contre Goliath me fait frissonner et si en plus, je repars un peu plus riche de savoir, alors là c’est parfait ! (oui, pas prof pour rien…).21024435_20130805132928713_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx21024434_20130805132928494_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Si ce biopic n’a pas l’étincelle de The social Network, il n’en reste pas moins un bon film avec quelques faiblesses. A commencer par sa construction. Elle est linéaire, un atout quand on découvre vraiment Steve Jobs, plus ennuyeux si on connaît déjà sa vie. Le plus gênant reste quand même un manque de profondeur dans le traitement de certains faits : sa paternité reniée et sa période post-Apple à partir de 1985 qui ne se résume qu’à cultiver son potager en bon végétarien qu’il est. Quid de Next évacué en une image et encore plus de Pixar à aucun moment évoqué de près ou de loin ? Quelques indices sur sa personnalités sans les traiter avec plus d’envergure nous les font passer pour anecdotiques, alors qu’en farfouillant dans sa bio, on se rend compte que cela explique et dévoile un peu plus de sa personnalité. La chasse aux indices quand elle devient mission commando ne font que donner l’impression de jeter des bouts de vie sans lien. Dommage, car cela fait décrocher pendant quelques minutes, attendant que le fil continu reprenne.

Le deuxième point noir, la BO. Véritable play-list des standards de 70’s, elle est trop présente. J’ai eu l’impression en permanence qu’elle était là pour me siffler aux oreilles quoi ressentir. Attention, là c’est triste ! Attention, là tu dois t’émouvoir ! Attention là c’est dramatique et agressif ! C’est lassant à la longue et au lieu de juste apporter la note ( 😉 ) qui ponctue la scène, ça l’alourdit inutilement.

Passé ces deux lacunes, je dois dire que j’ai passé un très bon moment. Le scénario propose une vraie exploration de la vision du génie, pris entre l’exaltation de mettre en œuvre une vision nouvelle et unique et l’homme pris par sa création au bord de la folie. Un joli jeu de funambulisme entre deux extrêmes. Quant aux luttes internes d’Apple, elles sont parfaitement retranscrites, ne faisant la part belle à personne et laissant voir un Steve Jobs manipulateur et pas toujours loyal. J’attends avec impatience l’autre biopic écrit par Aaron Sorkin, le scénariste de The social Network, avec comme consultant Wozniak, ami de jeunesse de Jobs et co-fondateur d’Apple.

21024436_20130805132928948_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLe casting et Ashton Kutcher en tête relève le défi haut la main. Je n’avais de lui que l’image d’un bon acteur de comédies romantiques (Jackpot (2008), Sex-Friends (2011), Happy New Year (2011)). N’y voyez pas de condescendance de ma part. Mais là, au-delà de la vraie ressemblance physique et du maquillage, il a fait un très bon boulot d’acteur et une recherche physique plus que réussie. De la démarche de ce grand homme incapable de gérer son corps (un geek pur beurre, quoi !) à ses côté hippie et un regard qui propose à lui seul toutes les émotions en finesse, il incarne sans conteste le créateur d’Apple avec brio. Au point de se mettre au même régime de fruits que Jobs et d’y laisser quelques plumes avant le tournage. Avec un vrai intérêt pour les nouvelles technologies et ses investissements dans Skype notamment, il a une légitimité incontestable.

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J’en retiens donc un film qui donne à réfléchir pour tout à chacun sur ce qu’on fait de sa vie. Cet homme s’est totalement (volontairement ou non) effacé derrière sa vision du monde et ce qu’il voulait lui proposer en matière de nouvelle technologie. Avec un choc fort entre la réalité pragmatique et le fait que Steve Jobs ne mettait aucune limite à une création, la laissant constamment inachevée. J’ai le sentiment que ce fût autant un moteur qu’une douleur : ce perfectionnisme poussé au-delà de la raison. Et pourtant, sans cette folie, point d’Apple…


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Roseline

Jobs, de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher, Josh Gad, Matthew Modine… Sortie en salle le 21 août 2013.

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