Lincoln : et le 13ème amendement fût…

lincoln-2012-movie-title-banner-600x300Au risque de me répéter, je l’attendais celui-là aussi. Steven Spielberg (E.T, Cheval de guerre et tant d’autres), Daniel Day Lewis (Au nom du père, Le dernier des Mohicans, Gangs of New York), Abraham Lincoln, des faits historiques encore et encore, c’est bon, je suis au taquet. Quelques temps avant, parviennent à mes oreilles des avis de projo presse/blog mitigés : belle réalisation, mais peu d’actions et compliqué à comprendre si on ne maîtrise pas parfaitement la Constitution américaine et son histoire. Loin de me décourager, je me dis juste qu’il faut que j’accepte de ne pas saisir chaque dialogue ou passe d’armes. Quant au fait que certains considèrent ça comme un film calibré « Oscars » et destiné au peule américain, je n’y prête pas une seconde attention, je préfère me faire mon opinion plutôt que de me couler mon plaisir avec un jugement hâtif et chauvin. Et bien m’en a pris : jolie séance en V.O à la clé.

1865, à l’aube de la fin de la guerre de Sécession, après 4 ans de combats entre nordistes et sudistes, les quatre derniers mois de vie du président Abraham Lincoln. Entre manipulations politiques, confrontation d’idéologies humanistes ou non et nécessité d’obtenir l’abolition de l’esclavage, parcours d’un homme intègre dans un labyrinthe aux arcanes bien sombres….

Daniel Day Lewis en Lincoln: absolument parfait!

Daniel Day Lewis en Lincoln: absolument parfait!

Ce film est long et bavard et pourtant je n’en ai pas perdu une miette. Je fais partie de ces spectateurs qui aiment parfois à se poser et ne pas toujours avoir l’illustration de long discours par l’image. Et j’ai été réellement captivée dès les premières minutes. Ce film donne à réfléchir à une foule d’idées, et il est bon d’avoir le temps de le faire tout en poursuivant le fil de l’histoire. Alors, si vous avez vraiment peur d’être largué, un petit tour sur un moteur de recherche à « guerre de Sécession » et « 13ème amendement » et ça devrait suffire à vous donner l’idée générale. Je n’en ai pas pris le temps et ça ne m’a pas gênée : vives mes cours de civilisation américaine à la fac !

Steven Spielberg prend le temps d’installer le contexte, mais sans faire un rappel linéaire trop lourd. Les quelques images de guerre du début plantent le décor et la première scène entre deux soldats noirs et Lincoln nous plonge au cœur des réflexions qui ne vont cesser d’animer les actions du président. On pourrait croire d’ailleurs qu’on ne veuille que lui rendre le plus magnifique des hommages, mais là où j’ai trouvé ça subtil, c’est que les failles de l’homme et ses doutes sont aussi bien mis en avant. Entre son rôle majeur pour le pays, mais aussi sa personnalité parfois torturée de mari et de père, on a un portrait tout en nuances qui laisse l’impression d’avoir un peu plus toucher de près un Homme Historique dont on méconnaît la vie en France. Daniel Day Lewis est absolument fabuleux et habite le rôle comme rarement au cinéma. Sally Field qui joue sa femme est dans la même veine, absolument poignante dans ses drames personnels.

Un couple et une famille déchirés

Un couple et une famille déchirés

Le reste des rôles, le plus souvent des politiciens de l’époque, tous investis dans ce combat pour ou contre l’abolition, avec tellement d’enjeux derrière, et leurs propres blessures de guerre, sont captivants. Ce sont des « gueules », des voix, des regards. La force est aussi contrebalancée par les pointes d’humour, de complicité, d’humanité dans le montage d’arnaques et de chantage pour obtenir le vote favorable des démocrates. Par moments la tension se relâche et nous sommes tous dans une cour d’école avec la simple jubilation de faire enrager l’autre.

De discussions en grandes déclarations, un avenir qui se joue dans l'hémicycle

De discussions en grandes déclarations, un avenir qui se joue dans l’hémicycle

Des images et des décors sublimés par un éclairage à la hauteur de Cheval de guerre sorti l’an passé, une bonne alternance dans les nœuds de l’intrigue et leur dénouement successifs, des plans minutieux sur des détails et des sorties silencieuses qui nous laissent à fleur de peau.

Rien d’ennuyeux à tout ceci à mon goût, juste le temps de se laisser happer par ce pan de l’Histoire riche et passionnant. Et de faire connaissance avec ce grand homme, son chapeau et son regard déterminé et si malicieux par moments.


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Roseline

Lincoln, de Steven Spielberg, avec Daniel Day Lewis, Sally Field, Joseph Gordon-Levitt, David Strathairn…. Sortie en salle le 30 janvier 2013.

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