West Side Story : en direct de Broadway !

Théâtre du Châtelet, mardi soir, deuxième rang, et quatrième représentation de West Side Story, version américaine. C’est attendu depuis plusieurs mois. Des gars qui claquent des doigts dans la rue, petits pas discrets et légers sur fond de ghetto de New York, deux bandes qui s’affrontent : on y est dans le New York des années 60 et ses bas-fonds. Je me love un peu plus dans mon fauteuil et je suis partie pour deux heures et demi de comédie musicale au top, copiée/collée du film de 1960 (de Jerome Robbins et Robert Wise). On revient donc aux sources de la comédie musicale de Broadway de 1957 avec les inoubliables musiques de Leonard Bernstein. Qui n’a jamais fredonné un Maria ou clamé un glorieux America ou un poignant Tonight ? Quant à la transposition du shakespearien Roméo et Juliette, il trouve sa place dans ce rêve américain pas si reluisant que ça…

Je vous laisse deviner qui sont les Jets et qui sont les Sharks…;)

Dans le West Side, bas quartier de New York, deux bandes de jeunes s’affrontent, les Sharks de Bernardo et les Jets de Riff. Un ex des Jets, Tony, s’éprend de Maria, la soeur de Bernardo…

Beaucoup plus profond qu’il n’y paraît, on ne s’arrête pas uniquement à l’amour vrai, mais aussi sur une société mal en point, où la ghettoïsation, les clans et les communautés n’ont de cesse que de se cannibaliser pour se sentir vivre. Point sensible, la jeunesse native ou non du pays qui se cherche et ne se voit que l’avenir glauque que leurs parents ont déjà connu et entretenu. Alors bien sûr, c’est plutôt léger dans la manière de transmettre le message, il n’en demeure pas moins que peu de choses ont évolué depuis la Renaissance, si ce n’est les limites et les armes toujours plus fortes que la raison. J’arrête là la partie la plus sombre, car au final la force c’est aussi que ceci soit délivré avec légèreté. Contrat rempli, je n’ai pas décroché un seul instant, entre tensions, rire et bonne humeur.

Pour ceux qui connaissent bien le film, c’est à double tranchant. Soit on adore retrouver très fidèlement l’univers, les chorégraphies et les intentions de la mise en scène, soit on regrette le manque d’originalité. Autant vous dire que je fais partie de la première école et que revivre en live un film aussi bien réadapté, ça a été un pur bonheur. Orchestre en fosse, un chef d’orchestre impérial (Ben van Tienen, petit homme aux allures de Barney Stinson), l’acoustique est très bien utilisée, même dans les premiers rangs. Une diction parfaite des acteurs, avec des sous-titres assez bien traduits sur les côtés et en haut de la scène, tout le monde, même les moins réceptifs à l’anglais, y trouve son compte. Après, je me suis laissée bercer par mes émotions, prise dans une mise en scène enlevée, énergique et fine.

Que ce soit les costumes ou l’intelligence du décor sobre qui se module avec projection de vues de New York en noir et blanc en fond, tout est millimétré pour que l’on rentre dans l’histoire jusqu’à la dernière seconde. Les hauteurs et le plateau sont occupé au rythme des chansons « chorale » ou des duos intimistes, dans des jeux de lumière qui sont à eux seuls un personnage complet. Cette rue est LE cinquième élément, témoin et actrice de toute la dramaturgie de l’histoire.

Et la force principale, cerise sur l’énorme gâteau offert aux spectateurs, un casting qui, à aucun moment, ne présente de faille. Ca chante et ça danse avec une égale perfection, on en prend plein les yeux et les oreilles. Ca remplit le cœur de tellement de choses à la fois qu’à un moment, j’ai arrêté de penser car j’en étais juste incapable, simplement remplie d’émotions intenses. Liam Tobin (Tony), Elena Sancho Pereng (Maria) et Pepe Munoz (Bernardo) sont d’une telle justesse, qu’au lieu de vouloir égaler les acteurs de l’époque, ils s’imposent d’eux-mêmes avec leurs touches perso. Et mon énorme coup de cœur va à Yanira Marin (Anita). Impossible de décrocher de son regard et de sa grâce. Elle porte en elle toute la fureur et la joie de cette portoricaine qui n’aura jamais fini de se battre.

Pas un tableau en dessous des autres, avec l’intelligence de réussir à ralentir les scènes comme au ciné. Je n’ai pas d’autres mots que « captivée ». Et quand on y fait un peu attention, la modernité de la musique de Berstein est loin d’avoir été dépassée à ce jour. Un pur régal !

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Roseline
West Side Story, théâtre du Châtelet (Paris), du 26 octobre 2012 au 1er janvier 2013.

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