Frankenstein: le monstre aux deux visages…

Vous connaissez Frankenstein, pas vrai ? Nous sommes tous familiers du mythe, il fait partie de la grande famille des monstres, avec Dracula, la momie et autres loups-garous…

C’est une histoire qui m’a toujours beaucoup touchée, que ce soit en lisant le livre de Mary Shelley, ou devant l’adaptation cinéma de Kenneth Branagh (avec Robert de Niro dans le rôle de la créature). Les thèmes abordés dans cette histoire (la solitude, l’amour, l’amitié, la part d’ombre en chacun, etc.) peuvent toucher un grand nombre d’entre nous… Du coup, j’ai été naturellement interpelée par ce qui suit…

Ce week-end, j’apprends qu’en 2011, Frankenstein, adapté en pièce par Nick Dear, avait fait les beaux jours du National Theatre de Londres… J’apprends également que la mise en scène est de Danny Boyle… Et que, par-dessus ça (et c’était déjà diablement tentant !), Benedict Cumberbatch était de la partie. Oui, Benedict « Sherlock » Cumberbatch…

Et certains ont eu la bonne idée de filmer tout ça (allez faire un tour sur le site du National Theatre Live, si vous voulez voir de quoi que je cause!). Du coup, on a le plaisir de pouvoir revivre tout ça, loin de Londres, dans quelques cinémas français. Autant vous dire que, ni une, ni deux, je me suis procurée ma place, fissa ! Mais ce qui m’a réellement convaincu, c’est ça : Benedict Cumberbatch et Jonny Lee Miller (vu dans Trainspotting, notamment) ont échangé leurs rôles selon les représentations… Hier, j’ai vu Benedict en « monstre » et Jonny Lee Miller en docteur Frankenstein. Autant vous dire que la frontière délicate entre ces deux êtres, dont on ne sait pas toujours lesquels des deux est le vrai monstre, est plus que trouble…

Juste avant que la pièce ne commence, on a un droit à un documentaire sur la genèse du projet. On a quelques réponses au succès de l’histoire de Mary Shelley. « D’où vient-on? » N’est-ce pas la réponse que l’on cherche depuis des siècles? N’est-elle pas à l’origine d’un grand nombre de découvertes scientifiques? Ici, Nick Dear et Danny Boyle ont voulu mettre l’accent sur le rapport entre le créateur et sa créature: leurs différences, leurs ressemblances, leur monstruosité et leur humanité communes. Le processus d’échange de rôles, sur ce point, nous apporte énormément. Jon Lee Miller explique que sa créature et son créateur ont des traits communs, qu’il les a joué par moment de façon similaire. Et en observant Benedict Cumberbatch jouer « son » monstre, j’ai cru apercevoir « son » créateur (réponse lundi prochain…).

Quand on assiste à la projection d’une pièce filmée, on se retrouve à une place atypique pour un spectateur: quasiment sur scène. Là, on assiste à la venue au monde de la créature (utérus et cordons ombilical symboliques). Tel un enfant, elle prend possession de son corps, de ses corps, qui ne sont pas les siens. Les premiers pas sont difficiles. Rapidement, Victor Frankenstein la rejette. La créature se retrouve alors confrontée aux hommes, qui la craignent à cause de son aspect repoussant. Seule, elle découvre le monde. Finalement, il y a la rencontre avec De Lacey (Karl Johnson), vieil aveugle, qui lui apprendra tout, ou presque: parler, lire, écrire, raisonner. Malheureusement, le moment vient où le vieillard souhaite présenter son élève à son fils et à sa belle-fille. Rejeté, encore une fois, la créature devient monstre: désormais, la colère et la vengeance seront ses moteurs principaux…

La mise en scène de Danny Boyle est prenante, intriguante, éclairante. On retrouve sa patte: un monde industriel, une musique très présente (du groupe électro Underworld), des jeux d’ombres et de lumières, la fumée, les chants celtes… Ca ne vous rappelle rien? Moi, oui: la cérémonie d’ouverture des derniers J.O. de Londres! Les acteurs sont parfaits: le lien entre la créature et le créateur est fort, dérangeant par moments. Benedict Cumberbatch est époustouflant. On sourit avec lui, aussi bien qu’on souffre. Jonny Lee Miller quant à lui est un Victor Frankenstein effrayant. Plus que son monstre? Peut-être. Les deux comédiens nous émeuvent; les deux nous révoltent. La dernière scène est magistrale. J’espère sincèrement que vous aurez l’occasion de la voir. J’étais tellement dedans, que lorsque les applaudissements ont retenti, je me suis laissée emportée. Sauf qu’ils étaient dans l’écran, et qu’apparemment dans la salle, j’étais la seule à m’y être mise… (si ce n’était pas le cas, faites-le moi savoir, hein, que je me sente moins seule!)

Je n’aurais donc qu’un conseil: vérifiez si un cinéma près de chez vous projette la deuxième « version », et si c’est le cas, allez-y! Benedict Cumberbatch sera Victor Frankenstein et Jonny Lee Miller la créature. Moi, j’en salive d’avance…


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Stéphanie

Frankenstein, mise en scène de Danny Boyle, d’après la pièce de Nick Dear, avec Benedict Cumberbatch, Jonny Lee Miller, Karl Johnson, Daniel Millar, Naomie Harris…

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3 commentaires pour Frankenstein: le monstre aux deux visages…

  1. yeles dit :

    Je suis allée voir l’autre version hier soir et j’ai pris une bonne claque bien comme il faut. La frontière est vraiment fine entre l’humanité et la monstruausité. La créature ? Le fils de de Lacey ? Frankenstein ? Le monstre n’est peut-être pas celui que l’on croit. Des expériences scéniques comme celle-ci, j’en redemande. D’ailleurs la bande annonce du National Theatre live m’a donné très faim. Je croise tous les doigts possibles pour voir « one man two guvnors »
    Si seulement il pouvait y avoir un arrangement pour diffuser Much Ado About Nothing avec David Tennant de la même façon… mais je m’égare ^^

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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