Les Folies Bergère – Zidrou, Porcel – Des larmes, du sang, de la boue et un gros coup de coeur

Qu’est ce qui me pousse à aller vers une nouvelle bd? Le dessin parfois, l’auteur souvent et rarement, très rarement, le hasard, pour me rappeler que le proverbe dit vrai. Le hasard fait bien les choses.

J’errai vainement dans les allées d’une grande enseigne « culturelle » quand mon oeil a été stoppé par un livre. Une grande BD, à la couverture très élégante sur laquelle  trônait un crane casqué. Une couverture si belle, si pleine de sens, que je n’ai pu qu’ouvrir le livre. Un rapide coup d’oeil me fait découvrir quelques cases en noir et blancs dans les tranchées. La guerre 14/18 a beau avoir été plus que surexploitée par tous les médias existants, ça ne m’empêche pas d’être toujours curieuse du sujet. Et là, je ne sais pas pourquoi mais j’ai vraiment eu besoin de repartir avec le livre sous le bras.

Les Folies bergère raconte la guerre 14/18 bien avancée au coeur d’une tranchée : Les Folies Bergère. On a le droit au portrait habituel de cette horrible boucherie : les exécutions, la difficulté a voir un avenir, l’espoir s’amenuisant, l’humanité qui disparaît. Un livre de plus, j’aurais pu me dire. Et pourtant c’est une véritable claque que m’a fait subir Les Folies Bergère. L’Incipit y est peut être pour beaucoup. Sombre et fataliste, il annonce la couleur : la guerre est le premier des arts, celui dont l’homme ne peut se passer. Et en matière de guerre les horreurs sont toutes plus « abouties » les unes que les autres.

Le dessin est fabuleux. Crû, réaliste, dur. Les soldats ne sont pas beaux, la guerre les a meurtris jusque dans leurs traits. Il joue d’ailleurs un rôle central dans l’histoire, entre Rambrandt, surnom d’un des soldats, et Monet (le vrai cette fois-ci) et ses magnifiques tableaux, si doux face à tant d’horreurs. Le jeu de couleurs renforcent la dûreté de l’oeuvre. Tout est en noir et blanc, hormis les souvenirs, l’arrière pays et le sang. Classique, mais toujours efficace. Les traits en eux même ne sont pas beaux mais vrais, et c’est ce qui compte. La lecture est vraiment très facile et on a même envie de revenir quelques pages en avant pour se replonger dans certaines cases.

Et puis il y a ces choix de scénarios, de quitter parfois le réalisme pour renforcer l’horreur. C’est un peu compliqué d’en parler sans vous en révéler trop. Reste que l’histoire entre les tranches de vie est touchante. Je ne vous cacherais pas que j’avais les yeux bien mouillés en fermant la dernière page. C’est d’autant plus surprenant que le scénarios est de Zidrou qui est à l’origine de l’élève Ducobu, que je lisais avec plaisir dans mon journal de Mickey mais qui est à dix mille lieux de cet univers.

Une très très jolie oeuvre. Je remercie Dargaud d’avoir fait un si joli objet. Parce qu’avec un livre numérique, je ne suis pas sure que j’aurai passé le pas d’ouvrir le livre…

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Mélanie

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2 commentaires pour Les Folies Bergère – Zidrou, Porcel – Des larmes, du sang, de la boue et un gros coup de coeur

  1. Francis dit :

    merci beaucoup. la lecture de ce qui me rend heureux
    Francis Porcel

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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