Exposition Paris vu par Hollywood : du french kiss sur fond de Tour Eiffel

C’est la rentrée (pas taper !), ça veut dire aussi la rentrée des expos. Et comme je me suis fait une joie de m’y mettre un peu plus sérieusement depuis l’an passé pour le blog (mais aussi beaucoup pour moi), j’attendais le mois de septembre uniquement pour ça. Surtout que l’expo dont je vous parle aujourd’hui était à la base prévue au printemps dernier, mais repoussée pour cause de succès de celle de Sempé et de celle de Doisneau. Et ça, ça fait très plaisir, mais attisait d’autant plus mon impatience, surtout quand on me met Hollywood, le cinéma et Paris dans un même lieu. Je l’ai déjà dit par le passé, mais les expos de l’hôtel de ville de Paris en plus d’être gratuites, sont, à chaque fois des réussites. Une fois de plus, ça se confirme.

Tout démarre avec une affiche avec Audrey, ma Audrey Hepburn, magnifique banderole le long de l’hôtel de ville. Le lien est vite fait : qui d’autre pour incarner le charme et le glam des années 60 du ciné américain style comédies romantiques et musicales, avec forcément Paris pour décor. Mais on y reviendra. N’empêche que ce regard espiègle et séducteur ne vous lâche pas pendant la file d’attente. Deuxième jour et déjà du monde. Si vous y allez pendant les vacances scolaires, comptez bien une heure de queue.

Bon, nous passons les portes et jusque là, je ne me figurais pas la masse de films américains ayant pour thème/lieu Paris. Autour de 800 films depuis que le cinéma existe. Ernst Lubitsch, réalisateur berlinois puis américain des années 20/30 disait qu’il existait trois Paris différents : Paris MGM, Paris en France et Paris Paramount : le plus parisien au final. Et c’est vrai : jusqu’au milieu des années 50, aucune caméra ne se posa dans la capitale, mais tout se tournait en studio dans un Paris fantasmé, reflétant autant le désir américain de se créer une illusion de la vieille Europe que de parler de la ville en elle-même. Les décors s’apparentent à « des clichés révélateurs cinématographiques d’inconscient » comme mentionné dans les explications fournies et très intéressantes tout au long des salles. La diversité des sources est impressionnante aussi : esquisses de décors, affiches de films, extraits de films, interviews notamment de Sir Alfred Hitchcock, robes et chaussures, éléments de décors… Un bonheur de flâner dedans.

Et cette expo de suivre l’ordre chronologique de l’histoire du cinéma, en commençant par les bobines de l’Expo Universelle de 1900, tournées par Edison et tout un couloir sur le Paris muet et historique (D’Artagnan, Scaramouche, Marie-Antoinette…), pour glisser progressivement vers un Paris, ville frivole et de décadences, ce que l’Amérique puritaine rejetait avec beaucoup d’hypocrisie, surtout pendant la prohibition.

Puis un Paris sophistiqué de la comédie sentimentale s’ouvre à nous, toujours en studio, bien loin des vrais grands boulevards. Les années 20 jusqu’aux années 50 sont riches, c’est un premier âge d’or, où la femme parisienne est placée au-dessus de tout, mais toujours un peu friponne. Avec l’arrivée du parlant, des français pures souches comme Maurice Chevalier, capable de chanter aussi en anglais se voient offrir des ponts d’or pour que le Paris rêvé soit d’autant plus authentique.

Puis vient la fin de la seconde guerre mondiale et le développement du tourisme. On bascule dans le Paris publicitaire et le cancan film où le musical prend une place considérable. Le symbole le plus fort est French Cancan de Jean Renoir (1954). Là où c’est fort c’est qu’il a dû se caler sur les critères américains pour recréer un Paris de 1900 à la sauce des studios hollywoodiens : le comble ! De la même période Un Américain à Paris (1951) avec Gene Kelly et Leslie Caron est un incontournable. Les coopérations techniques et artistiques sont de plus en plus fortes entre les deux pays.

Puis les années 60 voient l’arrivée des équipes de tournages pour tourner dans une capitale qui n’a rien à voir avec les plans tirés sur la comète. Et là une Audrey Hepburn marque un tournant majeur. Je ne suis pas objective, je sais. Mais faîtes moi la promesse de regarder une fois un de ses films. Merki !

Les Aristochats (1970), mythique pour Roseline 8 ans ^^

Et tout ça bascule fin des années 70, début 80 dans le Paris Action d’un James Bond vieillissant qui n’en finit pas de se battre sur La Tour Eiffel. Celle-ci en a vu depuis, mainte fois détruite ou pire, mal placée par rapport à la Seine.

Minuit à Paris

Il ne reste plus qu’à boucler cette expo sur « les ilots de nostalgies » avec Woody Allen (Minuit à Paris 2011), Quentin Tarantino (Inglourious Bastards 2011) et autre Martin Scorsese (Hugo Cabret 2011) qui souhaitent faire vivre « le mythe de la génération perdue ». Et l’expo de se refermer sur deux statues décor du jardin de Georges Méliès dans Hugo Cabret. Martin Scorsese voulait des sortes de fantômes du passé veillant sur la naissance du cinéma. La boucle est bouclée.

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Roseline

Paris vu par Hollywood, Hôtel de ville de Paris, 10h /19h, du 18 septembre au 15 décembre 2012

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