Radiostars : le Breakfast-club au tacquet !

Alors, le Breakfast-club, c’est quoi ? Tout simplement l’équipe tête à claques du « morning » de la station Blast.fm, numéro 1 en France…Enfin, c’était ! Chute des audiences. Du coup, Frederico, le directeur de la programmation, un peu énervé contre eux, les envoie à travers la France, pour des émissions en direct de chez vous, histoire de rattraper le million d’auditeurs perdu. Mais pas la tournée des Grands Ducs : plutôt une tournée estivale version « Midi Première » au cœur de la campagne française et de ses hôtels de charme (hahaha) : vous reprendrez- bien un peu de « farigoule » avec un verre d’eau de vie du coin! Ajoutez à ça, Ben, jeune auteur qui rentre de New-York, n’ayant pas percé dans le stand-up là-bas et qui se retrouve par hasard au milieu de tout ça.

C’est parti pour une tournée au cul des vaches…Chouette!

Ne cherchez pas la fréquence comme des dingues, on est dans le premier film de Romain Levy. Et à l’instar d’Intouchables, dont on n’attendait rien, il arrive mercredi dans les salles, avec déjà un beau parcours dans les festivals et les avant-premières : rien de moins que le Grand Prix du festival de l’Alpes d’Huez, ça retient l’attention. Concrètement, avec eux, j’ai découvert le concept du feel-good movie, qui va au-delà du simple film potache et parodique des émissions matinales « d’jeuns » de la bande FM, qui se veulent cool et qui bâchent à tout va. Derrière la vanne pour la vanne (ce dont j’avais peur), il y a un vrai regard et un parcours initiatique pour tous ces adultes arrogants et capricieux, qui ont oublié de grandir. Alors, petit tour de la team, il y a du lourd :

Si crispant et si touchant au final…Arnold…

Arnold (Clovis Cornillac) : le boss depuis 10 piges, grande gueule cassante (car cassée), clop sur clop, des certitudes plein les poches de son unique veste de baroudeur.
Alex (Manu Payet, un retour aux sources pour lui, ancien animateur de NRJ) : tchacheur, musicos, bras droit d’Arnold, des références classes sous de l’humour bien lourd.
Cyril (Pascal Demolon) : le vieux beau de l’équipe qui connaît tout, sans connaître rien, un look « Philippe Katherine » et l’immaturité en bandoulière
Ben (Douglas Attal) : le petite dernier arrivé par hasard, tout à prouver, pas de confiance en lui (et pourtant je n’ai pas craqué sur lui ;))
Smiters (Benjamin Lavernhe) : tout est dans le surnom !
Jérémie (Côme Levin) : le quota COTOREP du groupe…

Un souci les gars??

Voilà, vous l’avez compris, au final une bonne équipe de bras cassés. Un peu peur au début qu’ils me portent sur les nerfs et en fait, la parodie est tellement juste et le revers de médaille, la sacro-sainte nature humaine, les rendent très attachants. Drôles, cyniques, grinçants, touchants, ils mettent dans le mille. Le plus beau reste quand on les sort de leur habitat naturel et qu’on les plante un peu partout en province. Que c’est beau de les voir s’adapter (ou pas), et serrer les dents pour sauver leur bébé. Mention spécial à Manu Payet qui, de film en film, m’épate dans les nuances et la sensibilité qu’il amène à ses personnages. Au-delà d’un scénario plutôt basique, c’est la bible des personnages si bien amenée et si bien jouée, qui rend ce film spécial parmi les comédies françaises de ces derniers temps.

Aaaaah Manu Payet: my new boy next door !

Quant aux dialogues, un travail soigné pour garder un rire à peu près constant, mais alternant les différents registres de la comédie. Servis par des acteurs complètement imprégnés du débit et du ton de ce qu’on entend depuis plusieurs années dans ce type d’émission radio, les scènes coulent toutes seules, nous mettant à la place des auditeurs du film.

Et ce qui fait du bien, c’est que tout le monde en prend pour son grade : les pecnots, les bobos, les parisiens, les têtes à claques, les rappeurs et leurs dames, les petites nanas sans cervelle… Tout n’est pas fin, je préfère prévenir. Et c’est justement ce qui est bien : il y a aussi les moments délires et les rencontres improbables qui amènent des vannes, que d’habitude, on ne partage qu’en tout petit cercle, avec les intimes qui ne s’en offusqueront pas, mais qui font tellement marrer. Oui, c’est bon de se moquer gratuitement des fois. Ne me jetez pas ce regard, on le fait tous. Pas convaincu ? On en reparlera après les scènes avec Léonard de Vitry et sa douce, bon gros rappeur bien cliché, et pourtant… 😉

Un gros Big Up pour Léonard de Vitry (mais il fait un peu peur quand même ;))

Voilà, ce n’est pas souvent qu’un film mêle aussi bien différents degrés d’humour, avec juste ce qu’il faut de sensibilité, tout en gardant des bonnes scènes de vannes pures. Et les poils me sont venus au fur et à mesure qu’on découvre un peu plus ces mecs un peu paumés, mais plein de talents…Que le jeune cinéma français continue sur ce chemin-là, ça fait du bien !


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Roseline

Radiostars, de Romain Levy, avec Clovis Cornillac, Manu Payet, Douglas Attal, Pascal Delemon, Benjamin Lavernhe, Côme Levin…sortie DVD/Blu-Ray  le 12 septembre 2012

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Un commentaire pour Radiostars : le Breakfast-club au tacquet !

  1. R1 dit :

    Merci pour ce commentaire Roseline, je partage tes sensations à 200%. Je fais la publicité de ce film depuis que je l’ai vu. Pour le rap, au même titre que la SF, y’a des sous-genres. La carricature était sympa dans le film mais franchement dans le rap y’a encore des choses magnifiques aujourd’hui.

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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