Barbe bleue, cuvée 2012 d’Amélie Nothomb

Août, rituel de fin de vacances, le dernier Amélie Nothomb. Cette année, Barbe bleue, dans une version revisitée du conte. Il y a d’abord la couverture du livre, flippante comme à chaque fois avec le visage d’Amélie. Mais ça ne me décourage jamais comme je vous l’ai expliqué , l’année dernière.

J’en viens donc au cru de cette année. « Cru », pas anodin comme mot quand on connaît la passion de l’auteur pour les vins et les champagnes dans ses œuvres. A l’instar du Fait du Prince (2008) où le champagne était déjà sublimé, nous retrouvons la délicatesse et la finesse des flûtes et des bulles.

Don Emilirio, riche parmi les riches, espagnol par envie, vit reclus depuis dix-huit ans dans son hôtel particulier, à Paris. Une fois de plus, il a passé une petite annonce pour trouver UNE colocataire. Les femmes s’y pressent et pour cause, leur curiosité est titillée. Déjà huit femmes ont disparu après avoir vécu en ces lieux. Ignorante de toutes ces rumeurs, Saturnine accepte le contrat. Une bien étrange relation commence pour elle avec le propriétaire de cet hôtel et de sa mystérieuse chambre noire…

C’est la première fois que j’ai autant de mal à rentrer dans une de ses histoires. Trop de lenteurs, des personnages aux extrémités de l’absurde comme souvent, mais je n’ai pas eu envie cette fois de me laisser porter par ce courant de folie douce. Un peu comme un champagne éventé que l’on boit pour ne pas le gâcher, parce qu’on refuse de croire qu’il puisse être moins bien qu’attendu. Je désespérais, m’accrochais, je ne pouvais renoncer à me laisser embarquer et…j’ai eu raison. Le dernier quart du livre décolle enfin, avec la mise en place des pièces de ce machiavélique puzzle. Et bam !! Je me suis fait avoir. Ce qui précédait et ne m’emballait pas plus que ça, était en fait rudement bien organisé. L’ivresse du plaisir arrive enfin, jusqu’aux derniers mots. Le champagne est traite parfois. C’est sur la durée qu’il prouve sa teneur et son grain de folie.

Je n’ai pas envie de vous en dévoiler plus sur l’histoire, le style « Nothomb » très reconnaissable, fait de syllogismes, de mots choisis parmi le langage soutenu et spécialisé, au service de concepts décortiqués pour être mieux détournés. Tout est là. Je ne vous livre ici que le chamboulement de ma tête. Pari qu’Amélie Nothomb relève haut la main à chaque fois.

2012, cru en demi-teinte qui se rattrape superbement sur les dernières gorgées.

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Roseline, pompette…

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