Cheval de guerre, de Steven Spielberg

Pour être totalement honnête, ça faisait un très long moment que j’entendais parler du prochain Spielberg, sans y prêter vraiment attention. Puis un beau jour, j’entends « Ah oui, pis Benedict Cumberbatch y a un rôle »… Comment ? Benedict ? MON Benedict Cumberbatch qui joue dans MON Sherlock de MA BBC ? Obsessionnelle, moi ? Si peu… Donc, je me penche un peu plus sur ce Cheval de Guerre… Bon, à première vue, je déduis finement qu’il sera question de cheval et de guerre… Après recherche, je découvre que c’est l’adaptation d’un roman pour enfants, de Michael Morpurgo, publié en 1982, et dont je n’avais jamais entendu parlé. L’idée d’écrire cette histoire lui est venue après avoir discuté avec des vétérans, qui lui ont raconté l’importance des chevaux durant la guerre. Certains étaient bien plus que des animaux pour les soldats, devenant presque des confidents. Je me doutais que le chiffre était impressionnant, mais je ne l’avais jamais consulté : près de 10 millions de chevaux ont péri durant la Première Guerre Mondiale…

Steven Spielberg, après avoir lu le livre et vu la pièce, s’étonna que personne n’en ait encore fait de film, car il trouvait que le récit en lui-même était un film. Une histoire claire, non encombrée de symbolisme inutile. Il voulait montrer que même au beau milieu d’une guerre, les différences entre les hommes pouvaient disparaître un instant, effacées par leur admiration commune pour le cheval. Voilà pour le background ! Et comme en plus l’occasion fait le larron et qu’une projection presse se présentait à moi, je me suis donc dit « Allez, hop, on y va, en route pour l’aventuuuure!»

Synopsis :

De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, Cheval de guerre raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…

Albert et Joey, unis par-dessus tout…

Nous débutons donc ce grand voyage au milieu de la « magnifique campagne anglaise », comme dit plus haut. Et en effet, les paysages sont d’une beauté à couper le souffle. On prend le temps de découvrir Albert Narracott (Jeremy Irvine) et ses parents (Peter Mulan et Emily Watson). Leur quotidien difficile, leurs ennuis avec leur propriétaire (David Thewlis, notre éternel Professeur Lupin, dans Harry Potter)… De l’autre côté, nous assistons aux premiers pas dans la vie d’un jeune cheval, aux côtés de sa mère. Et bien sûr, la rencontre entre Albert et celui qui deviendra son cheval et ami, le majestueux Joey. Nous est ensuite contée leur extraordinaire histoire…

J’avoue que le côté « film avec un cheval » ne me tentait pas plus que ça au début. La peur aussi que les bons sentiments dégoulinent de partout. Et en fait, pas du tout. On s’attache énormément à Joey et Albert. Touchés par leur séparation, on tremble de leurs aventures parallèles, car aucun ne sera épargné par la guerre. Joey rencontrera sur sa route de nombreux alliés, d’un camp à l’autre, tous touchants, tous touchés par la dureté du conflit. Que ce soit le capitaine Nicholls (Tom Hiddleston), ému par le lien unissant le jeune garçon et son cheval ; le major Stewart (Benedict Cumberbatch !), mais surtout son cheval Topthorn, le meilleur ami de Joey; ou bien encore Émilie et son grand-père… Et nous les rencontrerons avec lui, tremblant d’avance de ce qui pourrait leur arriver. N’ayez crainte, ce n’est pas un «Il faut sauver le soldat Ryan », avec sang et entrailles à profusion. C’est un film fort, où le courage et la bravoure nous sont montrés sous différentes formes.

Le lieutenant Waverly (Patrick Kennedy), le Capitaine Nicholls (Tom Hiddleston) et le major Stewart (Benediiiiiiiict!)

Mais la guerre est dure, et on le devine : l’âge de certains soldats, bien jeunes, la profusion des corps dans certaines scènes, les ordres… A l’empathie naturelle que l’on ressent généralement pour les hommes, s’ajoutent l’inquiétude et la peur pour les chevaux de la cavalerie.

Avec ce film, Steven Spielberg nous raconte une merveilleuse histoire, que l’on écoute religieusement, comme des enfants. On rêve devant l’écran, et ça fait du bien. Autre détail: le roman est à la base écrit à la première personne, du point de vue de Joey, le cheval. Et je ne sais pas comment, mais Spielberg arrive à nous le faire sentir. Pour tout vous dire, j’ai presque « entendu » le dialogue de la première rencontre Joey/Topthorne, tellement les chevaux étaient bien dirigés.

Un point important que celui-ci : le dressage des chevaux. Bobby Lovgren et son équipe de dresseurs ont accompli un travail impressionnant. Et tout ça sans fouet, ni friandises. De vrais « murmureurs » ! Il y avait une dizaine de chevaux pour interpréter Joey, mais deux surtout étaient les stars : Abraham et Finder (qui était déjà la star de Pur Sang, la légende de Seabiscuit).

Voilà. Spielberg le conteur s’est emparé d’une magnifique histoire. Et comme le réalisateur de génie qu’il est, l’a transcendée de ses images. Ce n’est pas un film de guerre, c’est une merveilleuse épopée. C’est du GRAND Spielberg, alors allez-y les yeux fermés…

Le « Maître » sur le tournage…

Quant à savoir si vous pouvez emmener les plus jeunes, je dirais 10 ans minimum. Et peut-être un peu plus pour les plus sensibles. J’ai eu mal à mon petit cœur de mauviette plusieurs fois, mais j’ai tendance à être empathique à outrance…

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Stéphanie

Cheval de Guerre, de Steven Spielberg, avec Jeremy Irvine, Emily Watson, Peter Mulan, Benedict Cumberbatch… Sortie DVD/Blu-Ray le 22 juin 2012.

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14 commentaires pour Cheval de guerre, de Steven Spielberg

  1. Ce serait dommage que les gens aillent le voir avec les yeux fermés, comment ils profiteraient des images?
    Pas sure que j’irai le voir. J’ai beaucoup de mal avec Spielberg surtout quand il tire dans le mélo. Là en plus, t’as deux éléments qui font pencher dans la balance du non : un film sur un animal pendant la guerre. Deux trucs que je n’aime pas (encore que là c’est la guerre 14-18 alors ça passe mieux). Mais bon Benedict quoi! Je lui donnerai sa chance au moment d’une diffusion télé je pense.

    • Stéphanie dit :

      Aaaah! J’ai failli rajouter la vanne dans l’article! Merci de l’avoir fait pour moi!
      C’est vraiment un beau film, hésite pas, chuis sûre que tu seras surprise! On en reparlera quand il passera à la TV! :p

  2. Yeles dit :

    Je me tâte à le voir avec mon gnome. Pas parce que ça pourrait le choquer, mais parce que ça serait probablement en VF… et Benedict en VF… ben non quoi T_T Alors mon petit, va falloir faire péter la VO ^^
    Dès la bande annonce (sans savoir qu’il y avait du Sherlock dedans) je me suis dit : ouah, je vais pleurer ma mère en voyant ce film. J’ai déjà préparer le stock de kleenex et je pense que je vais le voir très bientôt.

    • Stéphanie dit :

      Je vais sûrement te décevoir: y a pas tant de Benedict que ça… Mais quand même, il est cool!😉 T’auras besoin des kleenex, moi j’ai failli.. Mais je voulais pas « gâcher » le film avec mes gros sanglots! Je me lacherai la prochaine fois, je pense…!

  3. Yeles dit :

    je me doute bien qu’on ne le voit pas mega longtemps mais même cinq minutes, je vais pas avoir une voix qui n’est pas la sienne. ça sera la même chose pour le Hobbit alors qu’on ne le verra même pas à l’écran ^^

  4. Phil Siné dit :

    vu ce matin… et j’ai pleuré comme un petit garçon !🙂

  5. Doudoute dit :

    il à l’air super !

  6. Je suis allée le voir et je vous assure qu’il m’a arraché des larmes ce film, pourtant je ne suis pas sensible. Le premier film à m’avoir fait pleurer était « le champion »
    J’ai trop aimé cette histoire, trop touchante du bon Spielberg quoi.

  7. roseline dit :

    Vu ce soir..très émue, dès qu’il y a la guerre c’est dur pour moi alors que je vois des choses bien plus sanglantes mais imaginaires tous les jours…bref tu me connais😉. Tout le film j’ai eu l’impression de voir Ethan Hawke débuté dans le Cercle des poètes Disparu dans l’ombre d’Albert…Très troublant. Très belle épopée, des paysages anglais effectivement magnifiques …De jolis sentiments, mais effectivement je pense que ceux qui ont du mal avec les bons sentiments n’accrocheront pas…Ca, c’est chacun sa sensibilité…

  8. yeles dit :

    J’ai enfin vu le film, sans mon gnome (qui était encore sur les pistes enneigées) et j’ai adoré. Je savais que j’allais me déshydrater de larmes et ça n’a pas loupé. Les chevaux sont magnifiques et on est vraiment touchés par leur histoire commune, tout autant que par celles des humains. J’étais un peu surprise de voir des petits dans la salle. Il y a effectivement des choses qui peuvent choquer,pas tant visuellement, c’est pas « Il faut sauver le Soldat Ryan », mais certains sujets abordés sont quand même durs, parce que la guerre n’épargne vraiment personne, même pas l’innocence d’un enfant. Bref, une musique magnifique, des paysages superbes, des animaux majestueux et une très belle histoire. Un grand Spielberg.

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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