Exposition Eugène Atget au musée Carnavalet : unknown Paris !

C’est ainsi que le musée d’Art Moderne de New York, détenteur d’une grande partie de l’œuvre d’Eugène Atget (1857/1927), appelle son travail. Il est considéré comme le père de la photographie moderne par Man Ray et son assistante Berenice Abbott. Tiens, tiens, je commence à faire des liens d’une expo à l’autre : et effectivement quand je me trouve face aux photos de façades, de rue et de vitrines, il est saisissant de voir comment la jeune américaine s’est saisie du cadrage et des techniques du photographe français.

Une très grande source d’inspiration pour Berenice Abbott et son projet Changing New York

Le plus drôle dans l’histoire, c’est que le monsieur ne se considérait absolument pas comme artiste, à peine photographe. Mais plutôt un témoin de son temps, souhaitant fournir des clichés des vestiges des vieux quartiers de Paris, des lieux pittoresques et des métiers de la rue. De 1898 à 1927, il parcourt la capitale avec un œil et une poésie reconnus par la suite par les surréalistes des années 20. Son principal client, à l’époque, est le musée Carnavalet. Dédié à Paris et son histoire, il fut construit en 1866 et ouvert au public en 1880. Un lieu que j’ai découvert cette année avec bonheur! Des petites cours luxuriantes et romantiques, ancrées dans le Marais, derrière des murs qui ne laissent pas voir la beauté des lieux.

Et c’est parti pour une ballade très agréable dans le Paris du début du XXème siècle, à travers 180 clichés (sur les 2300 que le musée possède!). Je relie ça à l’expo Doisneau sur les Halles avec cette nostalgie douce et le plaisir de pouvoir encore être témoin des temps passés. Autre époque naturellement, mais un regard tellement bienveillant sur ces métiers depuis oubliés, ces gens au regard accrocheur malgré la peine du travail : bitumiers, marchands de nougats, chiffonniers, marchands ambulants, vanniers. La vie de la rue a toujours été vibrante dans la capitale, source inépuisable d’images si touchantes.

Éclipse solaire, 17 avril 1912; cliché popularisé par Man Ray en 1929

Ah, le temps béni (ou pas^^) des corsets…

D’un point de vue plus documentaire, il y a aussi tout le travail autour des façades d’immeubles, des hôtels particuliers, des vitrines de magasins et de cabarets. Totalement disparus de nos jours, il y a avait des trésors de devantures avec ferronneries en rapport avec le nom : des biches, des tambours, des monstres… Des croisillons sur vitres qui laissaient deviner l’intérieur des boutiques de modistes, de corsetiers, des maisons closes. De la porte cochère du 16ème  arrondissement aux baraques de la zone de fortification dressées à la va-vite loin du cœur de la cité, véritables taudis, aucune couche sociale n’est oubliée. Ajoutez à cela, des prises de vue réfléchies, notamment des toits de certaines églises. Le sépia et les jeux d’ombres et de lumières sont de véritables mises en scène, me rappelant des scènes des débuts du cinéma de la même époque avec des Nosferatu (de Friedrich Murnau, 1922) et consorts…

Puis, avec les images des jardins et des parcs (les Tuileries, le Luxembourg, Versailles, Saint-Cloud…), on plonge dans un romantisme et une poésie très fins. J’ai poursuivi lentement ma rêverie dans les foires et les fêtes du trône de l’époque.

Pour la parisienne que je suis, c’est un régal de redécouvrir les rues que je connais depuis tant d’années, des caves à vin de Bercy aujourd’hui réhabilitées, aux premières grandes lignes de train, quittant la capitale pour des ailleurs imaginés par des Parisiens en manque de campagne… Et pour les non-initiés de la ville lumière, une carte de la capitale situant les scènes des clichés donne un côté interactif très sympa.

Bon, vous l’aurez compris, cette expo est une réussite, je vous la recommande chaudement. Du lieu au travail de l’homme, une promenade dans un temps que les moins de 120 ans ne peuvent pas connaître. Mais quel plaisir d’y plonger les yeux grands ouverts !

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Roseline

Exposition Eugène Atget : du 25 avril au 29 juillet 2012

Musée carnavalet, Paris (2ème) : du lundi au samedi de 9h à 19h

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