[Charly’s stories] Comment se retrouver à tripoter la braguette d’un inconnu !

Tout démarre comme souvent par une situation désespérément banale: je suis au bureau, et je dois passer à mon CE chercher des places pour une expo. C’est marrant comme parfois un truc simple de prime abord peut dégénérer! A la télé ils parlent toujours des études débiles qui sont réalisées et qui somme toute ne servent à rien, comme combien de temps on passe dans son lit dans une vie (on s’en fout, moi en particulier, je suis insomniaque). J’aimerai qu’une fois, on se penche sur la proportion qu’ont à dégénérer les situations banales…surtout dans mon cas!! (pour une fois que je pèterai les scores quelque part^^).

Donc je descends au deuxième étage où se trouve le dit CE (enfin j’ai jamais compris à quel étage il était, c’est un ascenseur à part et y a un bouton CE) et je tombe nez à nez avec un monsieur qui me demande: « vous pouvez appuyer sur le bouton pour moi ». Bah oui, c’est ça, je suis la bonne. Je suis devenu groom aussi dans cette boîte ! vacherie ! Mais payez moi pour tous mes jobs!! Et je jette un œil sur le malotru qui m’extirpe d’une de mes rêverie: « pff c’est long cette journée…j’en verrai jamais le bout » ou plus simplement: les 1001 lieux où je voudrai être plutôt qu’ici: par exemple dans le parc au soleil qu’une amie m’a envoyé….grrr.

Ne nous égarons pas, je regarde donc. Le monsieur tient sa main au-dessus de l’autre, comme si il était à l’église et voulait communier, sauf que là, sa seconde main fait une cuvette, qui se remplie dangereusement vite de sang: il est blessé (notez ma perspicacité de fin d’après-midi: sang =blessé).Ok finie la rêverie, agissons. Je lui demande: « j’appuie au rez-de-chaussée? » oui au cas où il préfèrerai se balader dans tous les étages de la tour pour ruiner toutes les moquettes, saloper le marbre, poser son empreinte sur les tableaux…on sait jamais, sa prime était peut être pourrie, on le paye mal, il veut se venger! Et oui…ma perspicacité a déjà été utilisée pour la journée et j’ai un stock limité. Ou alors j’ai été perturbée par la vue du sang….j’aime pas trop…ça va, mais j’aime pas…enfin non ça va pas, j’aime pas…mais bon déjà c’est pas le mien! Remarquez que lui est pas très doué non plus: « bah oui je pense…c’est où l’infirmerie? ». Bravo! Il est blessé et il s’est même pas renseigné pour savoir où c’est! Il n’a pas d’iphone? Moi je me guide toujours avec la boule bleue, ça a changé ma vie ce truc…je me perds deux fois moins longtemps! Bon je rappelle que le monsieur goutte (grosses gouttes!!) toujours donc revenons à lui.

Et là c’est le dilemme pour moi, je sais exactement où est l’infirmerie: 1 er étage…vous me direz c’est pas loin…oui mais dans l’autre tour.Deux solutions: soit il redescend au rez de chaussé, traverse le hall, reprend l’ascenseur en face, monte au 1er, se tape le couloir, et tombe sur l’infirmerie (ou tombe avant…d’inanition), soit il descends au premier étage, se tape un labyrinthe incompréhensible de couloir et si les deux premiers étages des deux tours sont au même niveau (au moment où je l’écris je me rends compte que j’ai un cerveau malade…pourquoi deux tours communicantes aurait des premier étages pas au même niveau???…je suis grave), il devrait à un moment ressortir vers les services médicaux et donc l’infirmerie. Enfin bref…je lui expose donc mon dilemme : « heuuu, oui rez-de-chaussée mais faudra remonter au premier…en même temps je me demande si vous n’irez pas plus vite en passant par le premier et en prenant les couloirs? » Visiblement le sang n’alimente plus son cerveau, je vois dans ses yeux toute l’incompréhension du monde, et comme mes explications étaient claires…c’est forcément le cerveau qui est mal irrigué! (oh la ferme!! Y’a un blessé, z’avez pas le temps d’être désagréable avec moi!). Au moment où je lui donne l’info, je visualise le chemin du premier étage pour estimer le plus rapide, premier couloir, je tourne à droite…ok je suis perdue dans ma tête…Et je lui dis: « bon suivez-moi je vous emmène ça sera plus simple (enfin j’espère), on va passer par le rez de chaussé (oui le premier je le sens mal^^) ».
Et nous voilà parti au rez-de-chaussée. Mais obstacle…il y a deux tourniquets à passer avec notre badge pour traverser la tour directement sans faire un gros détour…suivez y’a un blessé, on va au plus court!

Normalement (notez le normalement qui vous induit qu’évidement je vais me trouver dans le cas inverse!!! Lancez cette étude bon sang!! Damned revenons à celui qui le perd…son sang), il y a un vigile qui est là. Si l’un de ceux qui en été quand je reviens dans cette tour de bureau avec ma casquette, mes lunettes de soleil et mon appareil photo, m’alpague: « c’est privé, on ne peut pas visiter, il faut sortir » qui se finit invariablement par « heuuuu, j’ai un badge, je travaille ici, je ne suis pas touriste » (le premier qui dit un truc…faite gaffe!).Et ben la, bernique! Je sais pas où il est…en pause… tout un car de japonais pourrait entrer faire une visite guidée…y’a personne! Je me tourne alors vers le blessé, oh la vache, ca pisse bien, la cuvette que forme sa main est remplie ca coule le long de son avant-bras, il va en chier pour rattraper ses fringues, ça tache (oui en cas de stress, mon côté pragmatique de ménagère de moins de 50 ans semble refaire surface…si c’est que dans ces cas-là…je comprends mon retard de repassage).Je me demande donc dépitée (nan parce que j’ai conscience que la situation m’échappe): « vous avez un badge bien sûr? »
Contre toute attente il en a un: « heu oui (en même temps il n’a pas l’air sur)…à ma ceinture. » C’est donc ça!!! ».

Depuis de nombreux mois, on a en remplacement des anciens cordons tour de cou, un mousqueton qui s’attache aux passants de la ceinture. Je suis donc dans le hall de mon travail, je soulève le pull (il fait pas un peu chaud pour porter un pull ??) du monsieur, et le passant où il a attaché son badge, c’est celui juste à coté de sa braguette…évidement! C’est d’ailleurs bizarre, le passant de ma ceinture a moi donne pas sur ma braguette!!

Bon y’a un blessé, des fois dans la vie il faut arrêter de réfléchir. A un moment j’ai pensé relever la tête (ma tête bande d’obsédés), pour vérifier qu’aucun collègue ou connaissance n’était dans les environs en train de quitter le boulot par exemple. Evidement en cas de réflexion désobligeante j’aurai tout à fait pu répondre que 17h, c’est un peu tôt pour quitter le boulot, et qu’il y a des gens qui ne semblent pas débordés contrairement à moi, mais baissée en train de trifouiller une braguette, je doute de ma crédibilité, j’ai préféré pas regarder…on verra bien si on m’en parle…

Ca ne serait jamais arrivé avec un tour du cou..Des fois, le progrès...

Donc je trifouille et comme on est malhabile quand on s’énerve, et con. Du coup je me fends d’une: “vous inquiétez pas, je le décroche juste, je vais y arriver ». Oui, des fois il vaudrait mieux se taire…enfin…il a mal, il a pas dû faire gaffe. J’attrape enfin le sésame, et nous passons les deux tourniquets pour nous retrouver au pied de l’ultime ascenseur. Depuis le début, j’évite autant que possible de regarder sa main, pour pas trop en voir…J’aime pas trop, je vous l’ai dit. Mais on attend…alors pour détendre l’atmosphère du monsieur tout blanc qui se dandine de douleur, je pose LA question qui sert à rien: “Ca va aller, vous n’allez pas tomber dans les pommes? » Ce à quoi il me répond crispé: “non, on a 5l, ça devrait aller ». Bon moi je suis lancée, mode boulet, tout ce qui me passe par la tête sort donc: » ca m’arrange, parce que je suis pas sûre de pouvoir vous porter si vous tombez, et si c’est moi qui tourne de l’œil, j’aimerai autant que vous soyez en état de parler pour expliquer. Parce que deux corps évanouis dans un bain de sang, on va créer une panique ». Oui je sais…je me battrai des fois…je ne sais pas, il me manque des pièces, ou un truc…je ne sais pas comment ces conneries arrivent dans ma tête puis sortent de ma bouche sans aucune sorte de filtre. En même temps, il pisse le sang, c’est très beurk…je stress. Du coup j’enchaine pour ne pas lui laisser le temps de commenter: « Mais vous avez fait ça comment? ». Nan parce que dans une tour de bureau, moi le truc le plus dangereux que j’ai c’est mon coupe papier et la mine pointue de mon critérium! Notez que ça fait un moment que je suis avec lui, j’ai déjà débité un nombre certain de conneries sans même m’enquérir de l’explication de cette situation. Et là il m’explique: « je travaille au service informatique, j’ai reçu une multiprise que j’ai voulu couper, et mon cutter a ripé sur mon doigt… » j’ai pas entendu si il y avait une suite, parce que quand il a dit doigt, par reflexe j’ai regardé et j’ai vu l’entaille sur toute la longueur, mon estomac a fait un double salto et je me suis concentrée pour ne pas être malade et ne pas tomber.

Arrivée à l’étage, je l’ai guidé derechef vers l’infirmerie où la porte grande ouverte, ces dames prenaient le café. J’ai lancé un: « j’ai un blessé ». Oui je m’y suis attachée, c’est mon mien maintenant. Ce à quoi l’une des infirmières a répondu en s’adressant au monsieur: “ola, oui, suivez-moi ça coule ». Tiens elle aussi, ça la stress? Nan parce que sa réplique est pas beaucoup mieux que les miennes. Et restée avec les deux autres jeunes femmes: “je vous rends son badge, c’est le sien ». Oui bon, est ce qu’on est à une inutilité près. Et je m’en vais.

Après les cuillères dans le sac, à réfléchir pour Noël prochain ^^

Juste au moment où je tourne dans le couloir j’entends la voix du monsieur “merci, merci beaucoup…elle est partie la dame? ».

Oui! Oui je suis partie! Et puis quoi encore, je l’attends? Je l’aide à remettre son manteau? Je le raccompagne? Il peut plus se passer de moi? Eh! Je ne suis pas dame de compagnie! Moi je voulais juste aller au CE retirer mes places…Mince mes places!! Faut que je me grouille il ferme dans 10min et je dois tout retraverser!!

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Charly

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3 commentaires pour [Charly’s stories] Comment se retrouver à tripoter la braguette d’un inconnu !

  1. Virginie dit :

    Et beh quelle épopée! J’me suis régalée à te lire! Et tes places, tu les as eu pour finir?

  2. pépito dit :

    Excellent article ! Moi je la trouve très bien ta réflexion sur le tombage dans les pommes (avec le risque de trouver deux corps dans un bain de sang), j’aurais fait la même ! (C’est pas forcément une bonne nouvelle) !

    Et tes places tu les as eu ?

  3. Charly dit :

    Ah merci!!! C’est sympa de vous inquiéter pour mes places. Et oui!! In extremis quand même, mais je les ai eu. Je devais avoir atteint mon quotas de galère dans la journée😉

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