Time Out : l’avant-première où je n’ai pas perdu mon temps…

« Pour quelques immortels, des millions doivent mourir ! » Phrase choc, qui m’a tout de suite accrochée, la première fois que j’ai vu la bande-annonce. On ajoute à ça Justin Timberlake (pour le plaisir, revoilà mon cri du mois de septembre : Justiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin😉 ) et Andrew Niccol, réalisateur de Lord of War (2006) et surtout du trop méconnu Bienvenue à Gattaca (1997), énorme coup de cœur d’ado. Ca y est, ils tenaient toute mon attention, les bougres… Et surtout, une idée partant d’un thème fort du ciné : le temps ! Là, ce n’est pas bien compliqué : le temps est la monnaie en cours et en gagner est un combat quotidien…

Quelque part, aux États-Unis… Depuis bien longtemps déjà, on naît avec un capital temps. Si votre apparence physique se fige à 25 ans, votre compteur vous permettant de disposer d’une année avant de mourir, lui se déclenche à ce fatidique anniversaire. Pour survivre, il faut gagner du temps, mais tout se paye en secondes, heures, semaines. Alors comment vit-on jusqu’au lendemain avec moins de 24 h sur son compte ? Will Salas (Justin Timberlake) voit au jour le jour, comme tous ceux du ghetto. C’est sans compter sur le hasard qui crédite Will, du jour au lendemain, d’un siècle avec, en prime, une accusation de meurtre sur le dos et des révélations scandaleuses sur la réalité hors de la zone 12…

Je vais droit au but, j’ai bien retenu le message : I don’t waste my time ;)… J’ai vraiment beaucoup aimé. Tout. Mais comme je suis gentille, je vais un peu détailler quand même.
J’ai pu me replonger avec bonheur dans ce monde et ce visuel qu’Andrew Niccol avait déjà développé pour Gattaca. C’est proche de nous, mais en même temps déjà dans un futur tout autre : les voitures et leurs bruits assourdis et feutrés, par exemple. A côté de ça, des systèmes de surveillance par caméras tels que nous les connaissons actuellement ; le design très impersonnel et froid chez les riches, le ghetto proche d’un Bronx des 70’s pour les pauvres. On est en permanence entre deux eaux. Je suis chez moi et ailleurs en même temps, et ça me plaît. Et merci de faire un film si riche de seulement 1h41. Ca devient tellement rare! Peu ose actuellement faire des scénarios très élaborés pour une telle durée. Mais que c’est bon de s’épargner des longueurs et des scènes inutiles, comme souvent maintenant. C’est condensé, c’est rythmé, sans être bâclé. Il n’y a pas le côté contemplatif de Gattaca, et j’avoue que ça ne m’a pas manqué. Et pourtant, la réflexion est tout à fait possible. Le tour de force c’est qu’à travers des micro événements et certaines expressions qui font mouche autour du temps, on est frappé direct et ça cogite fort d’un coup : le prix du bus augmente, la pauvre cliente doit faire le trajet à pied car elle n’a pas assez de temps pour payer le bus… Oui, mais elle n’a pas non plus assez de temps pour rallier à pied le point où elle pourra recharger son compte… Cours, petite dame (tic-tac! tic-tac!), ou tu vas mourir! Tout prend une dimension différente : dormir, se déplacer, aimer… Nerveux et malin, le scénario nous tient en haleine jusqu’à la fin.

Fascinée aussi par la débrouille et les embrouilles du ghetto : dealers de temps, bras de fer à mort, vols de compteurs, prostitution pour grapiller quelques heures de vie en plus, mission de quartier distribuant tant bien que mal quelques minutes aux gens. A mettre en parallèle avec la surprotection des quasis immortels qui, s’ils n’ont rien à redouter de la vie, n’en sont pas moins exposés au risque de se faire tuer pour leur compte. Deux mondes de peur au final : la peur du temps qui passe, la peur de ce temps qui n’en finit pas de passer. Comme Andrew Niccol opposait les « génétiquement parfaits » aux naturellement « perfectibles » dans Gattaca, il créé deux populations qui s’opposent : les riches et les pauvres. Plus basique, plus direct que la recherche de la perfection humaine, et tout autant une préoccupation de notre société. Cela se voit parfaitement dans les attitudes des uns et des autres : les gens du ghetto, toujours à courrir, le nez sur leur compteur, les riches, comme figés dans leur espace, cachant ce compteur qu’ils regardent peu et qui les mettent à la merci de la convoitise.

Et ce monde peuplé d’adultes de « 25 ans » (et d’enfants) nous interroge sur l’étrangeté d’un monde sans rapports de force ou d’échanges entre les différents âges de la vie. Nos repères sont bousculés face à cette jeunesse permanente. A part quelques situations qui prêtent à sourire, Andrew Niccol prend le parti de rendre ça froid et détaché des émotions. Seule la curiosité de voir le physique que l’on gardera à vie motive les riches. Les pauvres, eux, ne s’en soucient guère, dès lors que la course contre la montre commence pour survivre.

La belle-mère, la femme et la fille...Perturbant...

Humm, Gardien du temps (Cillian Murphy)!!

Un casting impeccable. Définitivement, Justin Timberlake (Will Salas  : oui, son nom est conservé dans la VF, c’est vraiment ridicule ;)) a fait sa place rapidement parmi les bons acteurs, et prend de la carrure de film en film (The Social Network, Bad teacher, Sexe entre amis). Son personnage est une réussite du scénario : altruiste et bon, il n’en est pas moins revanchard, impulsif et malin. Un parfait héros, pas trop lisse, pas trop gnan-gnan. Et tant mieux, car il aurait pu facilement devenir transparent face au Gardien du Temps, interprété par Cillian Murphy (Tron legacy, Inception, The Dark Night : c’est du lourd, dites-donc !). Un personnage fort, sans faille (ou presque), un manteau à la Matrix, une mission implacable à accomplir, une détermination à la Terminator et une intelligence bien utilisée. Quel plaisir de voir le jeu du chat et de la souris entre ces deux-là ^^. Et on ajoute une Amanda Seyfried en grande forme (inoubliable Lilly Kane de Veronica Mars : promis, 2012, je fais l’article😉 ) qui se bonifie d’année en année. Elle joue Sylvia Weis (fille de Philippe Weis, magnat du temps) qui sort de sa bulle de riche un peu de force, et qui se rend compte qu’elle veut vivre, et non être sous verre pour l’éternité. Son duo avec Justin Timberlake est construit et intéressant, à l’instar du duo Ethan Hawke/Uma Thurman dans Bienvenue à Gattaca.  Andrew Niccol maîtrise bien les couples forts, ainsi que les trios de personnages principaux (Ethan Hawke/Uma Thurman/Jude Law en 1997; Justin Timberlake/Amanda Seyfried/Cillian Murphy en 2011). Amanda passe du syndrome de Stockolm à une version revisitée d’une Bonnie Parker, généreuse et révoltée. Et  « Clyde-Timberlake-Robin-des-bois  » est à la hauteur des yeux impressionnants de la belle, qui ne s’en laisse pas compter. Un pur plaisir de voir tout ça basculer dans le film de gangsters : des braquages qui dépotent, il ne leur manque plus que la sulfateuse.

Filez! Le temps nous est compté et vous avez un bon film à regarder.😀

Courrir encore et toujours: Sylvia "Bonnie" Weis et Will "Clyde" Salas...

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Roseline

Time Out, réalisé par Andrew Niccol, avec Justin Timberlake, Amanda Seyfried, Cillian Murphy… Sortie DVD/Blu-ray : 4 avril 2012

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3 commentaires pour Time Out : l’avant-première où je n’ai pas perdu mon temps…

  1. ah la la si j’avais une vie sociale (c’est à dire une baby-sitter …), j’y serais allée, j’avais vraiment envie de le voir ! Bon même si Justiiiiin je suis pas trop convaincue…

    • Roseline dit :

      A la base je n’étais pas Justiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin, mais depuis un an le petit monsieur me fait un effet ^^..Quant à la baby-sitter, je me rend bien compte de la difficulté: j’endosse ma tenue de marraineClo dès que je peux faciliter la vie des jeunes parents de mon entourage…Vous méritez de continuer à vous faire plaisir😀 Bon courage ^^

  2. Ah ??? et vous habitez où ?😉
    Moi j’aime bien quand il chante par contre, et le clip avec Scarlet, terrible !!!
    Bon finalement il semblerait que je le kiffouillerais bien un peu quand même…

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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