Je n’ai pas fini de regarder le monde, de David Thomas

Une source de culture chez moi, et je rigole même pas!

Alors, j’ai des choses à avouer. Rien de honteux, non, non j’assume. Et comme je suis quand même bien accro aux réseaux sociaux comme je vous l’expliquais ici, on va dire que c’est un #LundiConfession. J’ai découvert David Thomas et son recueil de nouvelles dans MON Télé 7 jours. Oui, oui, MON… Tel un doudou, je n’ai pu me résoudre à abandonner le programme télé de mon enfance, en quittant le foyer familial. Au point d’y être abonnée (enfin aussi parce que partant tôt et rentrant tard, la librairie du quartier est toujours fermée le lundi quand je passe devant) ;)… Bref, tout le monde en a déjà ouvert un et doit reconnaître qu’on est loin d’un Télérama, et pourtant, je dois dire que c’est aussi là que je déniche mes idées expos ou bouquins. Donc voilà, la page littéraire de Télé 7 jours m’a donné envie d’aller plus loin avec ce monsieur Thomas. Au final, c’est bien dans l’idée que je me fais de la culture : pas de culture populaire péjorative, pas que des initiés de la Littérature (prononcé d’un air pincé), j’aime découvrir partout et tout le temps.

Et bien m’en a pris. J’aime le format « Nouvelle » quand j’écris, mais je dois avouer que j’en ai peu lues. Il est temps de combler ce retard, ça pourrait bien m’inspirer aussi pour de nouvelles aventures sur le papier. David Thomas a d’abord été journaliste pendant 18 ans, avant de se lancer dans la littérature en 2007. Il obtint le prix de la Découverte 2009 de la Fondation Prince Pierre de Monaco pour La patience des buffles sous la pluie (73 nouvelles) et le prix orange 2011 pour Un silence de clairières (roman). Tous publiés chez Albin Michel. Il n’a pas raté sa reconversion apparemment.

Là, il s’agit de 75 nouvelles à la première personne, allant de quelques lignes à 3 / 4 pages, à travers des personnages qu’il arrive à nous faire connaître en quelques mots. Le « je » crée une intimité qu’il n’a pas besoin d’expliquer. Notre esprit se relie instantanément à eux et le monologue du personnage peut se poursuivre avec nous, spectateur muet, mais tellement attentif. Et ça marche, il est fort ! Mon imagination galope déjà sur le passé et le futur de ces personnes à peine croisées dans ces lignes. La gamme de sentiments est vaste : drôle, touchant, pathétique, désespérant, agaçant. C’est un livre « RER ». Le temps d’une station, le temps d’un voyage plus long, le temps que le temps s’arrête sur un quai bondé un jour « d’incident technique ». Comme dans une bulle, je suis entrée dans ce livre comme en moi-même, un moi-même doux et rassurant, heureuse de regarder la vie des autres.

Beaucoup de thèmes, certains très souvent utilisés. Mais qu’importe ? S’ils le sont, c’est qu’il y a une raison : l’écho en nous, l’écho en notre société. Et puis n’est-il pas plus simple de voir l’autre galérer, tomber, se relever, vivre, plutôt que de se regarder le nombril en permanence ? Vies de couples neuves ou usées, hommes au bord de la rupture, marginaux esseulés, femmes épanouies ou lucides, enfant dans ses réflexions si adultes, anecdotes truculentes, ou histoire de vie et de mort. Il balaye un large spectre. Peut-être trop. Je ne me rends pas compte. Tout ne m’a pas plu, mais le format court permet de vite découvrir autre chose. A la fin de certaines, je me suis vue me « pauser » quelques instants dans ma tête, des fois troublée par la « chute ». Un recueil à lire, à réfléchir, à laisser glisser en soi ou au contraire à jeter loin de son esprit, quand il dérange…Au final, juste envie d’ajouter ma petite histoire à la fin. Il manque une page blanche, laissée aux envies du lecteur.

4ème de couverture !

« Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça, sans doute parce que j’aimerais moi aussi savoir qui je suis… »
Une comédienne déçue, un trader recyclé en écrivain à succès, un ouvrier misanthrope, un milliardaire retiré dans une cabane, une femme qui claque des portes, un homme qui les démontent, des couples effrayés par le bonheur et d’autres à la croisée des chemins…

Tel un professeur Keating dans Le cercle des poètes disparu (1989), David Thomas nous fait le voir le monde de différentes manières 🙂

Alors moi non plus, je n’ai pas fini de regarder le monde. Et il se pourrait bien que je continue à l’écrire aussi… 😀

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Roseline

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