Drive ou le film qui te colle à ton siège sans forcer sur la vitesse

Drive, c’est l’histoire d’un mec qui n’a pas de nom (joué par Ryan Gosling). Pas de famille non plus. A vrai dire, on ne sait pas grand-chose de lui à part qu’il vit à Los-Angeles, fait des cascades pour des films et bosse dans un garage. Bref, son truc à lui, c’est les voitures. Ce qu’on sait aussi, c’est que la nuit, il est chauffeur pour des braquages. 5 minutes, ni plus ni moins, c’est ce qu’il donne aux malfrats avant de se faire la belle, avec ou sans eux. Sauf qu’il tombe amoureux, et c’est là que ça dérape. Pour aider le mari de l’élue de son coeur, il participe à un braquage qui foire plus ou moins volontairement. Et Irène (c’est le nom de la demoiselle) est en danger. Une seule solution, chopper les méchants avant qu’ils ne la choppent.

Drive, un film avec des volants

Dit comme ça, ça ressemble énormément à un film de seconde zone à la Fast & Furious. Sauf qu’en vrai, il a autant à voir avec Fast & Furious que Marc Lévy à la grande littérature.

Drive, c’est probablement le bijou de cette année. Un joli bijou. Le film est vraiment très esthétique. Los Angeles, de jour comme de nuit, y apparaît comme une ville de lumière, et on se laisse bercer par ses paysages, presque hors du temps. Le rythme du film permet justement cette contemplation. Car le film est assez lent. Pas chiant, mais lent. On est beaucoup dans l’observation. Ce rythme très particulier permet d’installer une tension qui ne nous quittera que difficilement jusqu’à la fin du film. C’est d’ailleurs un peu tremblante et éprouvée que j’ai quitté la salle (en même temps, je ne suis pas une référence vu comment je vis les films à fond).

Et au milieu de ce calme apparent, naît (ou renaît selon les interprétations de chacun) la violence. Une violence ultra dure, hyperréaliste. Une violence inévitable et malheureusement attendue. Elle est d’autant plus dure à supporter que le rythme lent et esthétique du reste du film nous confinait dans une espèce de cocon, dont on nous sort brusquement et sans aucun ménagement. Les bruits sont horribles et le sang coule à flot. Soyez prévenus. Moi, j’ai tendance à bien aimer ça mais j’évacue la tension d’une drôle de manière : je ris. Et là, j’ai beaucoup ri (pardon pour les autres spectateurs, mais j’ai pas été la seule). Parce qu’il n’y a que comme ça que je réussi à gérer le stress et la violence. Particulièrement quand elle est « vraie » (d’ailleurs les bruiteurs ont vraiment bien bossé pour exacerber l’hyper violence et le réalisme des scènes).

Je vous avais prévenu, c'est violent!

En plus du rythme particulier, le film est porté par une musique ultra présente qui permet de souligner à la fois l’action et les émotions des personnages (enfin, qui fait le boulot d’une bonne bande sonore). La particularité, c’est que les chansons avec paroles prennent une place importante là où, traditionnellement, on retient plus les « simples » musiques, Nightcall (qui a servi pour la bande annonce) en tête.

Le film mérite amplement la palme de la mise en scène qu’il a obtenu à Cannes cette année. Par contre, je suis surprise que Ryan Gosling n’ait rien eu (oui Dujardin, muet toussa toussa). Parce que pour moi, ce mec est l’un des meilleurs acteurs que j’ai pu voir. Il a un jeu d’une finesse effarante ! On l’a beaucoup répété, il est quasi mutique dans ce film (ce qui est faux, il parle très peu mais parle quand même). Ce qui renforce l’idée du mutisme, c’est que son corps parle à sa place. Et ça, ça impressionne les gens. En un regard, il nous fait comprendre que son personnage a un passif lourd. En un micro mouvement de sourcil, on comprend qu’il est paumé, sans intérêt pour sa vie. Et en un plissement de lèvre, on comprend qu’il est amoureux. C’est comme s’il avait une aura autour de lui qui transmettait les sentiments de son personnage. C’est vraiment particulier ce qu’il arrive à nous faire ressentir, comme s’il parlait à l’intérieur de nous (oui c’est assez mystique). Et puis il suffit qu’Irène apparaisse et il s’illumine. Comme s’il changeait de couleur (je vous dit c’est mystique !). C’est rigolo, parce que dans ces scènes-là, il passe de banal à ultra beau gosse.

Là, il est inspiré! (Par contre pas la peine d'y aller pour le voir torse nu, l'image vient de Crazy stupid love)

Si tout le film repose sur le talent de Ryan Gosling (je ris quand je pense que le rôle était initialement attribué à Hugh Jackman, que j’aime beaucoup, hein, mais là non !), le reste du casting n’est pas en reste niveau talent. Carey Mulligan (qui a joué dans le meilleur épisode de Doctor Who « Blink ») joue une blonde pas insipide (ce qui est suffisamment rare pour être souligné). Bryan Cranston et Ron Perlman sont géniaux, comme à leur habitude. Albert Brookes est, quant à lui, une découverte pour moi, et il m’a fait froid dans le dos.

Allez-y, quitte à fermer les yeux quand ce sera trop violent pour vous. Parce qu’il y a énormément de choses derrière ce film. Et si vous aimez réfléchir à ce que veut dire un film vous serez servis. Et si vous aimez juste vivre les films, allez-y aussi, promis vous ne serez pas déçus.

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Mélanie

Sortie DVD/Blu-ray : 8 février 2012

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Un commentaire pour Drive ou le film qui te colle à ton siège sans forcer sur la vitesse

  1. Vincent dit :

    Ce blouson de driver devient l’objet #2 dans ma liste d’objets à posséder absolument, juste derrière la tasse « Troy & Abed in the Morning » (constamment en rupture de stock…)

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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