Demain, j’arrête! – Gilles Legardinier perce à jour un petit bout de nous, les filles…

Le contexte : où comment ce bouquin est-il arrivé dans nos mains?

[Roseline] J’adore me noyer dans les rayons d’une librairie, sans titre en tête et, avoir le sentiment de dénicher un bouquin avec le petit truc en plus. Ça m’est une nouvelle fois arrivée en décembre, quand cherchant de quoi faire plaisir pour Noël à Mélanie et à Charly (une vraie petite famille ce blog :)), je tombe sur cette couverture rouge avec un chat coiffé d’un bonnet péruvien. J’aurai pu passer à côté, rien qu’à cause de la photo qui m’inspire instantanément le genre conseils-de-vie-pour-être-en-harmonie-avec-soi-et-les-autres-adopte-un-chat. Mais, mes yeux sont là pour me sauver de mes préjugés anti-bonheur en boîte avec ce titre Demain, j’arrête . Oui, ok, tu arrêtes quoi ? Ca y est, il faut que je sache. Mon radar est en éveil.

4ème de couverture, surprise ! Un homme ! Elle est où l’arnaque entre cette couverture très livre de nana et ce Mr au bouc sombre, plutôt genre écrivain de thrillers ? Je suis rapidement rassurée, il a commencé par ce genre dans ces deux premiers romans L’exil des anges et Nous étions des hommes. Je vais les chercher ceux-là. Mais revenons à celui-ci. Un nouveau comparse de Marc Lévy ou de Guillaume Musso ? Moi, ça me va, comme déjà dit, pas de genres médiocres et basse-classe en littérature, tout peut avoir un intérêt et des émotions. Et bien, même pas. A l’accroche, il semblerait qu’il s’agisse d’une comédie flirtant bon le quotidien, tout en y mettant tout ce qui nous réunit tous : les petites galères et les choses stupides que l’on fait par amour, amitié, envie de se sentir vivre…dans l’air du temps quoi. La gageure qu’un homme écrive son roman à travers les yeux d’une jeune femme bien dans son temps m’intéresse. Y aura-t-il foule de clichés ? Des vérités ? Un défouloir contre nous avec exagération exaspérante ? Allez, quelques lignes pour vous donner envie…

Gilles Legardinier : pas vraiment l'archétype de la littérature de filles 😉

L’histoire :

Julie Tournelle, 28 ans, fraîchement larguée par un musicos looser (j’vous jure que dans la vraie vie, ça existe ^^), un job qu’elle n’aime pas, se doit de trouver un but (que dis-je, une obsession) pour ne pas sombrer dans le pot de glace. Un nom sur une boîte aux lettres de son immeuble, « Ricardo Patatras » et voilà l’agent spécial J.T en action pour traquer et découvrir ce nouvel arrivant…Au point de se retrouver la main coincée dans sa boîte aux lettres…Et vous, quel est truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ?

Et au départ, une boîte aux lettres ^^

Les Avis :

[Roseline] Je vous rassure le coup de la boîte aux lettres n’est pas la réponse à cette dernière question, ce n’est que le début des aventures. Alors, on suit Julie dans sa vie, son quartier et ses tribulations. Le ton est juste. Gilles Legardinier est un bon connaisseur de nos réactions et interrogations de filles (quelques lourdeurs ça et là quand même) mais il faut avouer que plein de fois, ça tombe dans le mille. Et puis, cette Julie est profondément humaine, attachée à ses voisins, amis, habitants du quartier qu’on se surprend à adopter à une vitesse folle. On est heureux d’en savoir à chaque fois un peu plus sur chacun. Une pointe d’Amélie Poulain dans tout ça, l’accordéon et Montmartre en moins. Ca passe bien car le film date maintenant (et pas d’Audrey Tautou en vue, ça aide aussi ^^) et que ça fait plaisir de retrouver de nouveau cette fraîcheur un peu candide, mais pas que.

L’humour est très présent, et pourtant pour certains passages, des petits moments d’émotions donnent une autre profondeur quand la dureté de la vie rattrape les souvenirs et le présent de cette jeune femme. Juste ce qu’il faut : pas de pathos.

Mon petit bémol, le dénouement de l’histoire, qui m’a fait l’effet d’une rédac de troisième d’un ado maladroit, oscillant entre le mauvais policier et la fin d’un téléfilm de TF1, où justice est enfin rendue : les gentils gagnent, les méchants sont bien eu ! haha! Ca et la facilité avec laquelle beaucoup de choses s’enchaînent trop bien. Oui, pas une histoire « prise de tête », mais trop de facilités lassent un peu parfois.

Voilà, le style m’a plu, les personnages sont attachants et justes, des situations où on se retrouve totalement, nous, les filles quand un gars fait tilt dans notre tête. Petite déception sur la fin, rien de grave…

[Mélanie] Quand Roseline m’a offert ce livre, elle m’a dit qu’il lui avait fait penser à moi.  [Roseline] Mais euh non, je proteste! C’est le ton et l’humour qui me faisaient penser à ma petite Mélanie que j’aime fort ! [/Roseline] J’aurai pu me sentir vexée au regard de l’idiotie apparente et de la maladresse monumentale de l’héroïne du bouquin. Mais, il faut se rendre à l’évidence, c’est la vérité : je suis comme ça ou presque. Comme Roseline, je suis passée par plusieurs états : L’apriori sur la chick lit’ , la curiosité, le kiff et la pointe de déception.

Julie est effectivement une fille un peu comme moi. Son imagination va vite, très vite, trop vite. Sauf que ce monde imaginaire est assez douillet, si bien que plutôt que de se confronter à la réalité, en allant clarifier la situation, elle préfère élaborer des stratagèmes pour découvrir la vérité. Le genre de truc que je déteste. Elle est très sympathique, Julie mais j’ai passé mon livre à me dire qu’elle le faisait exprès (là où moi, je suis juste vraiment maladroite). Julie, c’est la vision idéalisée de la petite maladroite qu’il faudrait rassurer et protéger, qui en vrai n’existe pas (heureusement quelque part) purement issue d’un esprit masculin. Parce que oui on est chiantes, mais pas à ce point  [Roseline] Pas si sûre, on est quand même championnes de haut vol à ce jeu là. Et j’en ai croisées qui ressemblent à s’y méprendre à notre petite Julie.[/Roseline]

 Le point fort du bouquin,  c’est quand même d’avoir un très joli style. Pas pompeux du tout, ni bas de plafond. L’histoire en elle-même m’a fait pensée à toutes ces (bonnes) comédies romantiques qu’on prend plaisir à voir, mais qu’on oublie assez rapidement. On passe un bon moment, même si ce n’est pas le meilleur livre de l’année. Un bouquin à passer aux copines sans aucun regret. Toutefois, la fin apparaît comme un peu bâclée, peut-être aussi parce que le nœud de l’intrigue manquait de réalisme et de vraisemblance. A lire quand même, avec un pot de glace ou une bonne tasse de chocolat chaud.

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Mélanie et Roseline

Demain, j’arrête! De Gilles Legardinier, 2011,  editions Fleuve Noire, 345 pages, environs 19 €

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Un commentaire pour Demain, j’arrête! – Gilles Legardinier perce à jour un petit bout de nous, les filles…

  1. pépito dit :

    Super article, vous m’avez convaincue les filles ! Je mets ce livre sur ma check list 😉

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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