41 euros pour une poignée de psychotropes – Davy Mourier

Je vous ai déjà parlé de Davy Mourier à l’occasion de la sortie du dvd de la saison 4 de Nerdz. Le monsieur n’est pas seulement scénariste, comédien et présentateur télé. Il est aussi auteur de BD. En janvier 2011, il a sorti l’un de mes coups de cœurs bd de l’année (avec Blast de Larcenet) : 41 euros pour une poignée de psychotropes (oui je sais je vous en parle un peu tardivement).

41 euros pour une poignée de psychotropes n’est pas une BD comme les autres. Déjà par son format particulier. Avec sa couverture souple et ses spirales, on dirait le carnet à dessins d’un copain qu’on aurait piqué discrètement. Je me suis retrouvée dix ans en arrière avec mes agendas de collégiennes remplis de petits mots et de photos découpées dans Star Club et compagnie. Ce côté carnet intime, on le retrouve dans le contenu de la BD. Un peu fourre-tout, cette bd est liée par une composante essentielle : la dépression. D’ailleurs on est prévenus dès la quatrième de couverture avec un logo « offert ! Une vraie dépression ».

Davy Mourier fait un bilan : « comment j’en suis arrivé là ? », l’occasion pour lui de revenir sur quelques unes de ses névroses affichées. Sa rencontre avec la mort, l’angoisse de voir ses proches partir, son refus de grandir et surtout sa rupture avec « Elle », que finalement il n’arrive pas à surmonter. Tout ça le conduit à aller consulter un psy.

D’un point de vue graphique, Davy Mourier se laisse une liberté totale et alterne les page fourre-tout avec polaroids, post-it, collages et autres gribouillis et les copier-coller d’images avec un texte différent à chaque fois, pour les séances chez le psy. On ressent l’influence au moins partielle de RUN, directeur du label 619, Ankama Edtions et auteur de la sublime série Mutafukaz, où on retrouvait déjà cette liberté graphique.

Au niveau du dessin, Davy Mourier n’est pas Larcenet. Du moins pas celui de Blast que je vénère. Le trait est assez simple, mais bien travaillé. Ni trop, ni trop peu. Un trait plus classique aurait sûrement alourdit le propos déjà grave et aurait fait perdre au livre son coté carnet intime.

Si les planches sur le psy sont les plus drôles, j’avoue que ma préférence va aux autres pages plus « confessions » (oui je suis une vilaine voyeuse). Parce que Davy Mourier se livre dans ces pages, parce que le dessin et l’univers sont plus travaillés. Parce que les textes sont touchants. Pendant ces pages, j’ai partagé sa souffrance, retrouvant parfois la mienne. Et puis, ce sont des pages à grignoter. On lit un peu, entre deux stations de RER, dans une file d’attente, avant de replonger le livre dans son sac encore imprégné de son univers. C’est ce que j’aime avec ce livre. C’est un peu une BD doudou qu’on a envie de partager.

Dernier conseil avant de vous plonger dans cette merveilleuse BD (qu’il faut lire), c’est un livre assez sombre qui parle très bien de la dépression et notamment de son côté « confortable ». Il vaut mieux savoir dans quoi vous vous plongez avant de sauter. Mais sautez tout de même et avec grand plaisir car c’est un indispensable dans sa bibliothèque.

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Mélanie

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Un commentaire pour 41 euros pour une poignée de psychotropes – Davy Mourier

  1. Cenwen dit :

    Mis dans la liste des « à lire » 🙂
    Merci pour cette découverte!
    Bisous ♥

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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