Exposition Sempé : allons flâner dans les rues de son imagination…

Prolongée jusqu’au 31 mars 2012!

« Un auteur à qui l’on demandait ce qu’il avait voulu dire, a répondu : « je n’ai pas voulu dire, j’ai voulu faire ». Il avait bien raison ce monsieur. Moi aussi, j’ai seulement voulu faire… « 

C’est une des citations de Sempé de l’exposition « Sempé, un peu de Paris et d’ailleurs… », que propose l’Hôtel de ville de Paris jusqu’au 11 février 2012. Ca pose tout de suite le bonhomme. Et c’est vraiment le mot pour ce Monsieur : Bon Homme ! De lui, je connaissais Le petit Nicolas et Catherine Certitude, deux madeleines de mon enfance, ses collaborations ponctuelles avec le New York Times et le New Yorker, et quelques souvenirs dans les lectures de mon grand-père. Je ne me figurais absolument pas le volume de travail et de parutions du dessinateur. Le pied à l’étrier mis par Françoise Giroud vers 1957, ses collaborations sur du « one shot » dans la presse font vite mouche. Et cette exposition fait le pari de retracer tout cela dans un couloir et une unique grande salle. Attention, prenez vos précautions, la queue était longue et ma patience a été mise à rude épreuve. Prévoyez d’y venir dans la journée, plutôt qu’en fin d’après-midi. Quant au temps dans l’expo, laissez-vous au moins une heure. C’est un minimum pour savourer les détails et les subtilités…

Je n’aurai qu’un mot : ENCHANTEE ! Tour à tour la poésie, le cynisme, le grinçant, l’enfance, alternent et nous font plonger avec délectation dans le coup de crayon, précis et minimaliste à la fois. Le plus beau est de passer d’un dessin fouillé, aux mille détails, rempli de monde, où même le papier semble bruyant, au silence et à la sérénité d’un chat contemplant, par la fenêtre, les buildings. Voilà, c’est une œuvre aux multiples facettes, et à chaque fois, Sempé touche au but : se moquer, dénoncer, rêver, rire, s’émouvoir, caresser de la main la nostalgie…

En fil conducteur, Paris : le Paris que j’aime, celui où l’on flâne heureux, à l’automne, sur les quais, contemplant le pont des Arts, tout en rêvant d’un café du côté de Saint-Germain. Un parfum d’années 60 flotte au-dessus du papier. Beaucoup de dessins à l’encre de chine et d’aquarelles… J’apprécie d’autant plus quand la couleur amène une douceur au paysage, tout en aimant le noir et blanc, plus « brut de pomme », mais tellement approprié aux paysage urbains. On sent une vraie tendresse de l’homme pour Paris, même s’il a aussi des airs de « mon oncle d’Amérique », quand New York devient son terrain de jeu. Très travaillés, ou seulement suggérés de quelques traits, ses paysages sont nos villes rêvées…

Et quand ce ne sont pas des paysages, Sempé nous offre son cœur et son âme dans ses personnages. Véritables trognes quand il s’agit d’un Mr Lambert ou d’un Raoul Tabulin, il a l’art de passer du café du commerce à la petite échoppe de cyclisme, tout en raillant les belles de Saint-Tropez de 1968. Je me surprends à faire des liens entre lui et Serge Blachon (dessinateur dans l’Équipe dans les années 80/90 notamment), pour leurs dessins caustiques. Jamais méchant, un peu grinçant peut-être, mais surtout parce qu’il vise juste, Sempé nous donne à voir toute les couches de la société et leurs petits travers. Le rapport à l’enfance est bien sûr présent avec le Petit Nicolas, mais aussi Catherine Certitude, petite fille danseuse comme sa maman, et portant des lunettes comme son papa. De temps à autres, père et fille enlèvent « leurs verres » et voient le monde avec leurs cœurs et une même drôlerie…

Mr Lambert et son café...

1968, Saint-Tropez...Moqueur?? ^^

Mr Tabulin, ses vélos...

Catherine Certitude

Reste les inédits, petites perles de cette exposition, saisissant l’instant d’un lieu vide : le tour de force est de nous faire imaginer l’histoire de l’endroit, rien que par quelques objets laissés çà et là. Enfin, les premières de couverture du New Yorker nous montrent, au fil des années, la capacité de Sempé à sentir et à cerner l’air du temps avec une égale justesse. Je n’ajoute rien de plus, les mots ne suffisent plus quand la main, le cœur et les yeux prennent la parole…


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Roseline

Exposition « Sempé : un peu de Paris et d’ailleurs… » Entrée libre
Du 21 octobre 2011 au 11 février 2012 : 10h/19h sauf dimanche et jours fériés
Hôtel de ville de Paris
75001 Paris
Métro 1 et 11 : Hôtel de ville

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