Game Story : le bonheur d’avoir de nouveau 8, 12, 16 et même 29 ans!!!

Ça commence par un peu d’attente devant le Grand Palais, mercredi dernier. J’étais motivée malgré le froid, titillée par le battage médiatique de la semaine passée et le succès du premier week-end. Bon, posons le personnage tout de suite : je ne suis pas une « gameuse » acharnée. J’ai grandi avec les jeux vidéo des 90’s, surtout chez les autres. Puis visiblement, j’ai disparu dans un trou noir de 1999 à 2006. Guitar Hero a été la raison de mon come-back de joueuse, et depuis je suis bien une fille des 2010’s : au compteur, une DS (coulée dans le bain, true story!) et une Wii.

Du coup, devant cette porte et surtout devant les adulescents mâles et les papas avec fistons de la file d’attente, j’ai un instant de doute : ne vais-je pas me sentir perdue et inculte ?? Alors, j’observe avec plaisir l’arrivée d’une grand-mère accompagnant son petit-fils. Je la retrouverai plus tard en train de jouer et de raconter combien elle s’était privée pour offrir un « Atari » à son garçon au Noël 85. Le môme de 2011 en reste bouche bée, surtout de découvrir que son papa a vraiment joué avec ces antiquités. Je suis rassurée, tout le monde a sa place ici.

Premier conseil de survie incontournable : pour avoir discuté avec des gens dans la file et les responsables du vestiaire, n’y allez pas le week-end : files interminables, malgré les horaires échelonnés, et surtout, comme cette exposition permet de jouer avec quasiment tous les types de console, c’est trop de frustration de ne pas pouvoir prendre son temps, ni de toucher une manette. Si vraiment vous n’avez pas d’autres choix que le samedi ou le dimanche, réservez vos places pour midi (ouverture). Plus tard dans l’après-midi, ça a l’air de ressembler à un combat dans Resident Evil pour pouvoir toucher une console. Deuxième astuce (non, ça ne va pas être un code pour jouer avec Lara Croft à poil ;)), passez par le vestiaire déposer sacs et manteaux : c’est gratuit et quand vous irez transpirer sur DDR (Dance Dance Revolution), vous me remercierez. Bon, j’en ai terminé avec le briefing !

L’exposition se déroule dans l’ordre chronologique : les consoles, ordinateurs, jeux, figurines et autres produits dérivés se trouvent sous vitrine. Les explications et les rappels historiques sont brefs et explicites : super, je comprends tout (ou presque) et surtout j’arriverai à m’en souvenir.

Les prémices (1950-1971)

Odyssey (1972), la première console commercialisée aux Etats-Unis

Là, je découvre l’histoire : jamais je ne m’étais penchée sur la question. Après, je ne suis pas vraiment étonnée que tout parte de découvertes militaires détournées, tout comme la naissance de Spacewar ! (1961) qui vient de l’esprit d’étudiants de la célèbre MIT (Massachussetts Institute of Technology). Le tout s’accompagne de photos de l’époque, et surtout des reliques des premières consoles de salon : l’impression directe de me retrouver dans Appollo 13 (Ron Howard, 1995) et ses salles de contrôle. Difficile de croire que les gens pouvaient s’enflammer pour deux vaisseaux grossièrement esquissés et très difficilement maniables, ou deux « raquettes » (Pong) se renvoyant la balle. D’ailleurs, la réalité est tout autre et le succès relatif. Ce sont les décennies passant qui ont engendré la légende des débuts.

Mythique!!

Collector! Mais à l'époque ça a été un échec cuisant...

L’ère du dessin (1983-1989)/ Le pixel art (1989-1994)

Alex kidd sur Master System Base power (Sega)

Ca y est ! Je trouve mes premiers repères et c’est avec joie et émotion que je redécouvre la Nes de Nintendo et surtout la Master System Power Base de Sega et son héros culte : Alex Kidd !! Mon sang ne fait qu’un tour, je saisis la manette et là… Je retrouve d’instinct toutes les fonctions. Ok, à l’époque, elles étaient peu nombreuses et quasi identiques pour chaque jeu, mais je trouve ça fou de s’en souvenir 20 ans après, alors que j’arrive à oublier des choses faîtes le mois dernier. Je vous arrête tout de suite : non, je ne suis pas vieille ! C’est juste les « trucs » de l’enfance qui sont gravés en nous comme dans du marbre ! Et c’est parti pour une quinzaine de minutes de voyage dans le temps : j’ai 8 ans et la joie me réchauffe enfin… Je ne suis plus dans un musée, je ne suis plus une « madame » (comme disent mes élèves :)), je suis juste une guimauve heureuse et en y mettant du mien, je peux même sentir le chocolat chaud et les Princes qui m’attendent dans la cuisine : on est mercredi après-midi et ma mère vient de me préparer mon goûter entre une partie de « Mickey Mouse : castle of illusion » et un dessin animé du Club Dorothée… J’enchaîne avec une partie de Sonic sur Megadrive et j’y serais encore, si un charmant garçon de 8/9 ans n’était pas venu me demander gentiment de lui laisser la place…Vraiment, faîtes votre maximum pour y aller en période creuse, c’est un plaisir et les gens sont détendus.

Puis, au fur et à mesure, je me rends compte combien les images ont changé en quelques années, il y a des effets de profondeurs. Les thématiques aussi évoluent : des jeux de plateforme pour tout public (Sonic, Mario, Alex kidd, Zelda…) aux jeux de combats qui connaissent d’abord leur quart d’heure de gloire grâce aux salles d’Arcade (Street Fighter et Mortal Kombat en tête). A ça, s’ajoutent forcément des consoles de plus en plus performantes et des stratégies marketing poussées de la part de Nintendo, Sega et Sony, pour les plus célèbres : la Megadrive en 1992 (Sega), la Playstation en 1994 (Sony) avec un design et une destinée plus adultes, la Nintendo 64 en 1996… Leurs rivalités accélèrent les avancées techniques pour le plaisir des gamers. Le cinéma et le monde des jeux vidéo se croisent de plus en plus souvent : le but est que le spectateur devienne acteur… Cette période est aussi marquée par la French Touch : cocorico !!

L’arrivée de la 3D (1994-1999)

Les débuts de Mario en 3D sont plus réussis que ceux de Sonic...

Un passage rapide par la version Sonic 3D et je sais tout de suite que la petite Roseline est restée dans la salle précédente. Sympa mais je ne m’y retrouve pas. La vue « 3ème personne » n’est pas encore au point (ou vue « cinéma », comme si on était derrière la caméra ou à côté du personnage), l’animation n’est pas très fluide : je regrette ma 2D basique des minutes précédentes. Poursuivant, mon chemin dans mes années « ado », mon cœur s’emballe quand je reconnais de loin les musiques de Gran Turismo ! J’y jouais à la même époque où je passais la conduite accompagnée: un bon défouloir !! Apparemment, j’ai un peu perdu la main mais au bout de deux /trois courses, ça revient. Bon là, je n’avais pas ma voiture fétiche non plus😉 Et d’une console à l’autre, je retombe sur une des premières versions de Resident Evil : les zombies sont de retour, vais-je trembler ? L’ado blasée de 15/16 ans s’est emparée de mon corps : elle ne me manquait pas, mais un coucou en passant, pourquoi pas…

Gran Turismo, j'aime toujours autant...

Les images s’affinent (2000-2005)

Marketing très poussé!!

La suite de l’exposition, je la parcours plus vite. Si vous avez suivi, ça correspond à la période de « mon trou noir » : départ à la fac, premiers jobs, besoin de sous pour se loger, j’ai mis tout ça entre parenthèses. Et pourtant, il s’en est passé des choses dans la sphère « jeux vidéo ». Les images 3D, la fluidité de l’animation, les histoires complexes et de plus en plus scénarisées ont fait leur apparition. Je vois poindre au loin les peluches de Pikatchu et les panneaux sur le « style mignon ». Les commerciaux ont perçu qu’avec la course à la puissance, ils laissaient de côté tout une part de marché plus féminin et plus enfantin : les petits ont des envies aussi et les parents sont prêts à les gâter ! Vitrines avec des tamagotchis, peluches et les premiers jeux estampillés « kawaï » sont là. Cinéma et jeux vidéo sont maintenant étroitement liés : les jeux de guerre font suite à « Il faut sauver le soldat Ryan » (Spielberg, 1998) comme Call of duty et ses diverses versions, les « 007 » sont forcément déclinés pour les consoles et les PC, qui ont maintenant rattrapé leur retard. Et cela accompagne la sortie de plus en plus de blog busters. L’inverse apparaît aussi : Final Fantasy sort au cinéma en 2001, sans parler de Tomb Raider qui lança la carrière d’Angélina Jolie la même année… Ma préférence va à Prince of Persia en 2010 (Aaaaaaaaaaaah Jake Gyllenhaal!😉 ).

Cinéma et jeux vidéo liés à la vie, à la mort... Hé, hé, hé!

Jeux HD/ Jeux rétros (2006-2011)

Celles, qui ne se sont pas disputées avec un ex (ou un actuel) pour ça, sont bien chanceuses et rares😉

Assassin’s creed, World of Warcraft, la dernière version de Dungeons and Dragons, en cohabitation avec les Sims… Cela aura mis 30 ans mais toutes les couches de la population et tous les âges jouent : seul, en famille, entre amis (on dirait une pub « Wii » ;)). Et puis, les corps s’en mêlent avec la Wii, mais aussi le procédé Kinect de la X-box et l’engouement pour DDR en salles d’Arcade, pourtant boudées depuis le début des années 2000. On organise des soirées « Just dance», on bouge sur du Britney, on s’enflamme sur du Katy Perry et l’on chante sans honte sur du « Eve, lève-toi! ». A cela s’ajoute l’arrivée sur le marché des jeux qui se veulent rétro : oui, la petite Roseline qui jouait à Sonic au début des 90’s gagne maintenant sa vie et doit sûrement avoir envie de retrouver virtuellement l’innocence de ses 8 ans. Ca, les chefs de projet l’ont bien saisi. Signe des temps, la sortie de Tron Legacy début 2011 prend en compte les 30 ans écoulés, tant dans les avancées technologiques que l’âge des personnages (suite intelligente de Tron, véritable film phénomène sur l’univers des jeux vidéo de 1982).

Assassin's creed: scénario poussé, fluidité, on est immergé🙂

Nous ne sommes plus enfants, pour certains, parents à leur tour, et pourtant nous ne voulons pas abandonner cette part de nous. Et comme le souligne le Hors-séries n°7 de Trois Couleurs (que je vous recommande chaudement), le film Real Steel anticipe même la vision future des jeux vidéo où les avatars prennent corps dans le monde réel sous forme de robots, au lieu de plonger totalement le joueur dans le virtuel.

Je vous laisse, j’ai un niveau d’Epic Mickey à terminer !

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Roseline

Game Story, exposition au Grand Palais à Paris du 10 novembre 2011 au 9 janvier 2012

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5 commentaires pour Game Story : le bonheur d’avoir de nouveau 8, 12, 16 et même 29 ans!!!

  1. Doudoute dit :

    j’ai joué avec la première game boy que tu fais voir🙂 intéressant merci🙂

  2. Olivier dit :

    Que de souvenirs.. J’ai gardé toutes mes consoles et elles fonctionnent. On se fera une journée nostalgie NES et magnétophone un de ces jours!

  3. jc dit :

    *bave* !!! voila l’unique raison (les expos et sorties) qui me fait regretter de pas habiter la capitale !!!!
    J’ai encore ma Super Nes avec 35 jeux, ma NES avec 15 jeux, MON Game Boy (car oui on dit UN game boy) avec une dizaine de jeux, ma GBA avec également une quinzaine de jeux ! (comment ça j’aime Nintendo ??!!). Biensur elles fonctionnent toute parfaitement !!!!
    RIP à ma Mégadrive et ma Master Système qui n’ont pas survécu à mes cousins (oui quand ils perdaient c’était de la faute à la console et non pas que c’était eux les burnes !!!)

    En tout cas très bon petit article😉

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