« Mission Florimont » : la légèreté d’une soirée burgers/frites, bière, donuts…

Le plus dur en fait, c’est quand on ne s’y attend pas. Pas sectaire, je n’ai rien contre des soirées un peu lourdes, un peu grasses. Pour être honnête, je ne partais avec aucune attente précise en tête, si ce n’est que le metteur en scène de « Mission Florimont » est le même que celui du « Dernier coup de ciseaux », Sébastien Azzopardi. De plus, le peu que j’avais lu me présentait l’affaire comme une pièce parlant du 16ème siècle avec anachronismes et références actuelles. Exercice parodique que j’adore depuis petite : d’Astérix (les BD, hein, pas les films) à Kaamelott, je savoure ça. Mais si on n’en revient souvent au vocabulaire de la gourmandise: là, j’ai dégusté.

Pour être claire, revenons aux sources de cette sortie. Théâtre du Splendid, mythique pour moi, j’y pénètre pour la première fois. Anecdote, au passage, sur le mur d’entrée, les moulages des mains de la troupe originelle. Petit clin d’œil : dans la main de Gérard Jugnot, se trouve celle de son fils Arthur, petite menotte de bambin à l’époque. Sourire attendrie, je me tourne vers l’affiche du spectacle : éloges dithyrambiques de la presse, nomination aux Molières, les Monty Pythons « à la française ». Je me frotte les mains, appréciant depuis peu cet humour so british…J’avais occulté un peu vite le « à la française », tel Tomer Sisley avec son « Fame à la française »…Mais si, souvenez-vous !! « Studio Sud » à la fin des 90’S… Allez, on l’a tous regardé, ne faites pas vos timides midinettes. Bon je m’égare, mais l’idée est là😉 Mais point de John Cleese sur scène, ni même l’esquisse d’une très pâle copie d’un Terry Gilliam.

Résumé de l’histoire : François Ier veut à tout prix se rallier aux Ottomans pour contrecarrer le pouvoir de Charles Quint. Il envoie émissaire sur émissaire avec un traité d’alliance à signer, mais ceux-ci sont invariablement attrapés par les espions du roi d’Espagne, qui se fait un malin plaisir de renvoyer leurs attributs génitaux à la cour de France. Il ne reste plus alors que Florimont de Courneuve, sorte de Pierre Richard de l’espionnage, pour entreprendre ce périlleux voyage. Au début de son équipé, il sauve des mains de brigands Margaux, et après de multiples rebondissements, celle-ci se retrouve à faire route avec lui. Vont-t ’ils parvenir en Turquie ?…

Je dois dire qu’en écrivant cet article, j’ai dû faire un effort important pour me souvenir de l’intrigue de départ, tant le reste est confus. Dès le début, le débit des comédiens et les entrées/sorties de chacun donnent le tournis et il n’est pas évident de tout saisir. Cinq comédiens, des dizaines de personnages : l’exercice pourrait être très intéressant, mais là ils restent peu souvent sur le fil, et la plupart du temps, s’empêtrent dans leur challenge : sur-jeux, accents de tous horizons qui finissent par se ressembler, accessoires peu présents pour aider à la compréhension, unicité du décor. De plus, la pièce fonctionne sur un anachronisme, une blague ou une digression toutes les dix secondes. Pas le temps de digérer la première, qu’une deuxième se présente dans un autre registre. Et pas des plus fines, on les voit venir de très loin : actu, politique, show-biz, politique, série télé, politique… J’ai dû ouvrir des yeux très grands, quand j’ai entendu la même boutade sur « Plus belle la vie » que quinze jours auparavant dans le « Dernier coup de ciseaux ». Sinon, j’ai dit que certaines tournaient autour de la politique ? ^^ Le cheminement de Florimont en France, en Espagne, en Italie puis en Turquie semblait servir d’unique prétexte aux boutades racoleuses sur le FN ou sur les décisions de notre Président. Tout le monde n’a pas l’âme d’un Coluche ou d’un Desproges pour faire passer la pilule. Et le petit clou pour achever cette œuvre bancale était le comique de répétitions. Ca peut être très sympa. Le souci est de toujours savoir s’arrêter. Et là, ce n’était pas une fois de trop, j’ai renoncé à compter très vite.

Cependant, je n’aime pas descendre tout en flèche et je dois aussi reconnaître des qualités à ce que j’ai vu : l’enthousiasme des comédiens, quelques chansons assez rigolotes, le personnage de l’espion espagnol qui joue le procureur dans la même scène avec, pour une fois, juste ce qu’il fallait d’effets… De même qu’ayant eu le temps d’observer la salle, j’ai constaté que celle-ci était très réceptive et riait aux éclats. Il y a vraiment un public pour ce type d’humour. Je n’étais pas la cible, c’est tout. Rideaux !


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Roseline
www.lesplendid.com

« Mission Florimont » : depuis le 26 janvier 2011 au théâtre du Splendid, Paris 10ème

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