« Dernier coup de ciseaux », Cluedo grandeur nature…

*pas de spoil possible, chaque soir le public choisit*

« Une comédie policière interactive. Un meurtre est commis chaque soir et c’est au public de résoudre l’enquête. 30 ans de succès et Guinness des records de longévité aux USA ! Plus de 9 millions de spectateurs à travers le monde. Un salon de coiffure, un meurtre, un flic… des suspects, à vous de jouer ! La première pièce dont le public est le héros. »…Voilà pour l’accroche sur le site du théâtre des Mathurins. Du policier, du triturage de méninges et la participation active du public, il ne m’a pas fallu longtemps pour me décider. Retour sur une soirée « inspecteur Maigret tendance Pinot simple flic » qui, au final reste une expérience intéressante.

Arrivée dans ce petit théâtre, je me sens tout de suite à mon aise. La salle est plutôt intime, le balcon avance assez loin sur la fosse, les lumières rondes et la tapisserie crème m’évoquent les couleurs cheap des années 80 et la diffusion de pièces de boulevard à la télé. Un peu en avance, je constate avec surprise et amusement qu’une partie des comédiens est déjà sur les planches, chacun dans son perso. D’instinct, cela force les gens à s’asseoir dans le calme et à rapidement se concentrer sur la scène. Le spectacle démarre. La première partie pose la situation, les personnages. Et pour terminer, coup de théâtre : le crime ! Les dialogues et les déplacements des comédiens sont rapides et je sens déjà qu’il va être difficile de mémoriser chaque détail, sûrement essentiel dans la résolution de l’affaire. Le tout s’accompagne d’un humour un peu lourd avec une caricature forte de chaque personne qui ne m’accrochent au mieux qu’un sourire sur les lèvres. Jouée à travers le monde, cette pièce est à chaque fois adaptée en fonction du pays, et là les poncifs et les références sur l’actualité récente tombent à plat et auraient tendance à me faire décrocher. Mes voisines semblent assez d’accord avec moi et on se plonge tacitement dans l’observation des va-et-vient très théâtraux : ça tombe bien. Je prends un peu de temps alors pour observer la salle. Pas forcément des gens habitués à aller côtoyer Molière et les classiques. Effectivement, ce genre ludique peut être un bon moyen d’arriver progressivement au spectacle vivant.

Les lumières de la salle s’allument, la deuxième partie s’installe. On nous avait conseillé de prendre des places dans le parterre pour être sûr de participer, il n’en est rien. Le balcon est tout aussi mis en avant que nous « pauvres gens ayant payé plus cher notre droit de participer ». Mention spéciale au commissaire en charge de l’enquête mais aussi du rôle délicat de « meneur de jeu ». Il a la tâche difficile de faire avancer l’enquête, reformuler les propos parfois confus des spectateurs, gérer les tours de paroles et la reprise des dialogues par les comédiens, tout en amenant l’histoire sur une des fins possibles. Mon cerveau est entièrement pris par cette partie de tennis entre la scène et la salle, des fois un peu saturé par un public, qui ce soir-là semble être particulièrement réactif, à la limite du débordement sur le jeu des acteurs : dommage. Evidemment toutes les clés ne sont pas données dès le début. Il faudra attendre l’après entracte pour avoir une mise en lumière d’autres éléments au vu de la tournure de l’opinion de la salle. Cet entracte permet d’ailleurs de se dégourdir les pattes autant que les neurones, bien qu’il soit possible d’interpeller le commissaire dans le café en face, prêt à entendre nos théories fumeuses. De même, les autres personnages restent sur scène, attendant la suite des confrontations. Impossible de les oublier !

La dernière partie s’organise en trois temps : nouvelles confrontations avec ajout d’éléments, vote du public, et en fonction de ce vote, résolution de l’enquête. Je ne m’attendais absolument pas à ce que cela se déroule ainsi. J’ai un petit sentiment de frustration quand je comprends que quoi qu’on vote, le public sort vainqueur et le coupable est démasqué. J’ai l’impression d’avoir 4 ans et que Jacques Martin sort quatre 10 de sa poche, bien que j’ai braillé comme un canard une chanson d’Yves Duteil. En y réfléchissant, c’est logique car cela permet à la pièce de s’achever sans être bancale, et le coupable pouvant être différent chaque soir, cela incite à revenir pour découvrir une autre enquête, d’autres mobiles : le jeu est sans fin…

Sortie du théâtre, peu de temps après les comédiens font de même. Très abordables, ils répondent facilement et avec le sourire aux questions. Ils ont enfin quitté leurs personnages en quittant leur costumes assez tape à l’œil pour certains. Ma frustration est déjà passée et ma curiosité est maintenant en alerte en réfléchissant aux autres fins possibles…J’y retournerai, c’est sûr.

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Roseline

www.theatresdesmathurins.com

« Le dernier coup de ciseaux » depuis le 7 juin 2011 au théâtre des Mathurins, Paris 8ème

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2 commentaires pour « Dernier coup de ciseaux », Cluedo grandeur nature…

  1. doudoute dit :

    Je viens de comprendre que vous avez fait toutes les deux le petit déjeuner … je suis bête !

    merci pour cet article, je vais placer votre blog dans mes favoris aussi🙂

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