Quand la magie n’opère pas…

Des fois, on a beau mettre tous les ingrédients, en bonne proportion, suivre la recette à la lettre, on se retrouve au mieux déçu, au pire écœuré. Et quand on est une gourmet comme moi, ça a de quoi frustrer. C’est exactement ce qui m’est arrivé en allant voir l’expo « Une blonde à Manhattan » à la maison des États-Unis à Paris. Il s’agit d’une expo des clichés de Marilyn Monroe pris par le photographe Ed Feingersh, en mars 1955, quand la star s’installa à New York. Suivant son modèle dans son quotidien, il souhaitait dévoiler une Marilyn plus abordable.

Marilyn, New York, photos inédites oubliées, aujourd’hui restaurées : il n’en fallait pas plus pour me convaincre. Et me voilà, en ce samedi après-midi de juillet, sur les trois petites marches du perron, prête à m’imprégner de l’ambiance glamour des Fifties en compagnie de l’une de ses représentantes les plus emblématiques. L’exposition est en accès libre, au rez-de-chaussée, à droite de l’accueil. Pas de vraie séparation avec le reste des activités du lieu. Je sens déjà qu’il va être difficile de se créer sa petite bulle. N’ayant pas encore vu la taille des salles, cela me laisse un peu perplexe. Les deux espaces que j’aperçois représentent en fait la globalité de l’expo.

Un peu déçue, je me dirige vers ce qui me semble être le début de la visite. J’avais lu qu’Ed Feingersh avait été assez prolifique. Apparemment, nous n’aurons que quelques clichés au final. De mémoire, une vingtaine tout au plus. Des extraits de journaux américains de l’époque relatent l’arrivée de Melle Monroe dans la grande Pomme ainsi que le travail entrepris par le photographe. Le souci majeur n’est pas forcément de lire le tout en anglais, encore qu’une traduction proposée pourrait être judicieuse. Il faut surtout réussir à lire tout court les caractères d’imprimerie minuscules placés en hauteur. Moins d’1 mètre 60 s’abstenir ou alors avec des échasses et une loupe. La suite de l’expo propose des clichés divers : dans le métro, en studio, sur le toit d’un building, en bas du building, dans sa chambre d’hôtel… Les images sont belles, Marilyn toujours une pro de la pose ultra naturelle. Mais pas de story line et un espace mal géré à mon sens. Que l’on se place n’importe où, on englobe du regard l’ensemble de l’expo. Difficile de se concentrer sur un tirage en particulier, d’autant plus que tout est ridiculement proche. Cela donne vraiment le sentiment de masse, bien que le tout soit au final réduit à un petit espace. Et la cerise sur le gâteau reste les commentaires, cette fois-ci en français, dignes d’une analyse psychologique et philosophique profonde d’une réunion « tupperware » des années 70. Je n’ai rien contre le fait de se réunir entre copines, mais je n’ai pas forcément envie de lire les mêmes poncifs que je déblatère (ou non ;)) en petit comité, quand je visite une expo qui a été pensée et installée par des professionnels. La perle littéraire reste la légende accompagnant une photo de la star s’apprêtant à franchir le seuil de l’Empire State Bulding, levant les yeux sur le sommet de la tour : il est dit que telle la nouvelle émigrante qu’elle était dans cette ville, elle lève les yeux sur l’édifice, comme les émigrants le faisaient en regardant la Statue de la Liberté, arrivants sur Staten Island, le siècle précédent. A part rire jaune, je n’ai absolument pas réussi à me dire qu’  « ils »  venaient de percer les pensées secrètes de la Dame.

Je ne suis pas plus que ça une « inconditionnelle » de cette célèbre Blonde. Comme beaucoup, j’ai vu quelques documentaires, ses films, ses clichés les plus célèbres. Mais en sortant de là, je n’étais pas émerveillée et n’avait rien appris de plus sur elle-même ou son personnage publique. Donc voilà, mon indigestion du moment. Il y avait pourtant tout : le noir et blanc, le glamour, l’âge d’or des États-Unis, des intentions intéressantes de départ du photographe… Oui, mais au final pas de magie.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Roseline

Exposition « Une blonde à Manhattan » Ed Feingersh. Du 31 mai au 7 octobre 2011

Entrée libre

Maison des États-Unis

3 rue Cassette

métro Saint-Sulpice.

Cet article, publié dans Loisirs, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Alors, vous en pensez quoi? ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s