La colline aux coquelicots : un « Miyazaki fils » réussi !

Wahoo! Le dernier Miyazaki est sorti !… Oui, enfin, non, enfin si, quand même! Il s’agit du fiston cette fois-ci. Gorô Miyazaki qui, quatre ans après Les Contes de Terremer, est de retour. La confusion est facile et pas uniquement à cause du nom de famille. Le trait, les décors, l’animation et la manière de narrer sont vraiment proches. Pour les distinguer, c’est simple : pas d’éléments féériques, magiques et autres délires hallucinés chez Miyazaki fils. En tout cas, le studio Ghibli est bien derrière tout ça. Et c’est un vrai bonheur.

1963 : Umi, 16 ans, jeune lycéenne japonaise, peine à avancer après la disparition de son père, officier de Marine pendant la guerre de Corée. Une mère absente, prof de fac aux USA, Umi s’occupe de ses frères et sœurs, et de la pension de sa grand-mère, tout en poursuivant sa scolarité. Masquant son chagrin, elle se dévoue aux autres. Quand Shun surgit dans sa vie, elle va petit-à-petit s’épanouir. Jusqu’à la découverte des conséquences que la guerre a encore sur cette génération en plein envol.

Et en plus, elle cuisine à merveille cette petite Umi ^^

Voilà, les deux thèmes se dégagent très vite : la recherche de ses racines et du Père (j’y reviendrai plus tard) et la reconstruction d’un pays, tout en gardant ce qu’il y avait de bon dans son héritage. Gorô situe son histoire à un moment-clé de celle du Japon, quelques mois avant les Jeux Olympiques de Tokyo (été 1964), si importants pour le retour en grâce aux yeux du monde d’une nation honnie et dévastée par la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans cette tranche de vie, point d’esprit revanchard après l’humiliation de la défaite. Juste une génération qui a des valeurs patriotiques et qui veut relever définitivement le pays de ses erreurs passées. Le prix à payer a été humainement atroce, place aux jeunes et leur envie d’exister. Je rassure tout de suite les parents qui pourraient se demander : à partir de 8/9 ans, pas de souci, c’est très positif et galvanisant. On est loin du Tombeau des Lucioles (1988, Isao Takahata, studio Ghibli aussi), de sa dureté et de son émotion vive et écorchée.

Le vent de fraîcheur vient de cette jeunesse des années 60. Toutes proportions gardées, en les voyant évoluer, j’entendais dans ma tête mes parents me parlant de cette période. Beaucoup d’optimisme, de foi en l’avenir et une énergie nouvelle pour entrer dans ce monde si moderne, au regard des décennies précédentes. Ceci est très bien exploité avec la mobilisation des lycéens contre la démolition de leur foyer étudiant : le Quartier Latin, in french dans le film ^^. La réhabilitation de ce vieux bâtiment devient le point d’ancrage de la bataille « passéistes contre modernes ».  Et puis, « les années lycée », les regards et les relations garçon-fille, tout en retenue (mentalité asiatique tout de même), sont bien représentés. Ca fait du bien. Je ne demande pas à tout le monde d’adhérer. Moi, ça me va, surtout avec un travail technique soigné et fin.

Tous très attachants, le quotidien aussi ça fait de bonnes histoires ^^

De manière plus intimiste, nos deux protagonistes se retrouvent dans cette quête du Père, entre le travail de deuil de l’une et la recherche de la vérité sur ses origines de l’autre. Du coup, on ratisse large, remettant au centre le besoin de racines connues pour grandir, quelque soit la douleur de l’histoire familiale. C’est joliment fait et surtout abordable, même enfant. Légèreté, légèreté, légèreté…

Etre amoureux à 16 ans…^^

Les studios Ghibli sont bel et bien là. Au point d’avoir leur nom en clin d’œil sur une plaque sur un des bateaux. Mais surtout, une fois de plus, ils produisent et travaillent avec des réalisateurs dont le travail sur les décors est magnifique. Tout ce que j’ai vu en arrière-plan, c’est du naturalisme simple mais extrêmement réussi. De la couleur aux détails, tout se mêle et me replonge dans un graphisme que j’adore depuis les dessins animés japonais que je regardais petite dans le Club Dorothée. Avec des moyens démultipliés et un résultat bien au-dessus, évidemment. La manière de se mouvoir, les expressions des visages, la pointe de fou-fou (s’approchant du manga parfois)  me ramènent aussi en enfance.

Vous ajoutez à cela une BO très douce et agréable, qui accompagne le ballet des bateaux dans le port ainsi que les mouvements de l’eau et de la nature. Une des chansons est en français, chantée par Maeva Méline (Mozart, l’opéra rock ; la voix de Raiponce ). D’autres proviennent directement du folklore japonais de l’époque. Pas de fausses notes.

Amoureuse de ces décors…:D

Vous voulez une alternative à l’animation Dreamworks ou Disney ? (que je ne renie absolument pas au passage ;)) Faîtes-vous un petit Ghibli de temps à autres, histoire de voir le monde encore différemment. Et vous repartirez léger, léger, léger…


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Roseline

La colline aux coquelicots, de Gorô Miyazaki. Sortie DVD/Blu-ray 2012

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4 réponses à La colline aux coquelicots : un « Miyazaki fils » réussi !

  1. JC dit :

    pas encore vu !!!!!! rrrrrrrrrraaaahhhhhhhhhh !!!
    trop hate de me trouver 2 heures et d’y aller !

  2. Le trait si commun à Miyazaki père et fils, c’est un peu la marque de fabrique de Ghibli :) Il suffit de regarder "Si tu tends l’oreille" (malheureusement inédit en France) de Yoshifumi Kondo (malheureusement décédé), pour s’en rendre compte. Car le studio a deux grands réalisateurs, Miyazaki et Takahata (son dernier film, si je ne m’abuse, remontant à 1999, "Mes Voisins les Yamada"). Miyazaki fils a commencé dans l’animation contre l’avis de son père, avec un "Contes des Terremer" des plus inégal, mais semble s’être rattrapé sur "La colline aux coquelicots" (que je n’ai pas encore vu), du moins du point de vue technique. Ceci étant, le Studio ne recherche pas uniquement des réalisateurs capables de reproduire le style à la Miyazaki, comme en témoigne le humble mais ô combien réussi "Royaume des Chats" de Morita. Voilà, c’était les petites précisions d’une fan du studio Ghibli :D

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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