The descendants : juste la vie.

Voilà, je ne sais comment expliquer ce que j’ai vu dans cette salle, si ce n’est la vie, filmée avec une remarquable finesse. Et pourtant, quelques heures après, je ne sais par quel bout prendre cet article. Je sais que j’ai aimé, je sais que j’ai vu un truc atypique, qui a touché quelque chose en moi. Par contre, je ne fais de liens avec rien d’autre et j’ai le sentiment que je vais oublier très vite. Trop calibrée à ne retenir que le spectaculaire, le bruyant, les effets de mise en scène et d’images ? Je ne crois pas, et pourtant, ce sentiment de digestion trop rapide est là. Le plus simple, vous présenter l’histoire :

A Hawaï, de nos jours, la vie d’une famille nantie de l’archipel bascule avec l’accident tragique de hors-bord de la mère. Matt King (Georges Clooney) père absent et mari peu attentionné, se retrouve à devoir gérer la vie de ses deux filles de 10 et 17 ans, Scottie et Alexandra. Le coup de massue est énorme, d’autant plus que sa fille aînée lui révèle enfin le pourquoi de sa brouille profonde avec sa mère depuis le Noël précédent…

Un Clooney sobre et juste dans un drame, ça c’est nouveau…

Un grand bravo à Georges Clooney, même si sa nomination aux Oscars ainsi que celle du film me laissent perplexe. Il touche à toute la palette des sentiments de la vie, avec une sobriété, une retenue et une justesse que je ne lui avais jamais encore vues. C’est agréable à souhait et permet de maintenir son attention, alors que l’histoire est plutôt lente et sans rebondissements de dingue. Même remarque pour Shailene Woodley (Alexandra) qui pourtant m’a fait peur les 5 premières minutes. Ado blessée et insolente, j’ai vu le coup que l’on partait dans une caricature lourde et crispante. Mais que nenni, chaque éclat a sa raison et les nuances se développent et sont travaillés au fur et à mesure du déroulé du film. Elle nous offre d’ailleurs la scène la plus forte et la plus vraie du film, quand dans cette piscine, elle hurle sous l’eau la détresse de perdre sa mère, pour ressortir étrangement calme.  Il en va de même pour Amara Miller, qui joue la jeune Scottie, vive, instable et pourtant attachante.

La naissance d’une famille…

Ce film d’Alexander Payne (Mr Schmidt) reste à part par sa construction. On sait d’emblée que la mère n’en réchappera pas, et tout ce qui pouvait tomber dans le pathos est réglé dès le début. A aucun moment, je ne me suis sentie mal ou triste. La vie se déroule devant mes yeux. Cet homme bascule avec cette histoire, mais pas lourdement et sans réaction. Son âme se sert de ces épreuves pour le faire avancer sur la quête de ce qu’est sa vie : se rapprocher enfin de ses enfants, trouver des racines là où il n’en a jamais mis. Comme il est dit, il se retrouve curateur de Terres Vierges sur l’Archipel d’Hawaï par un foutu hasard, un peu comme son mariage et la conception de ses deux enfants. Il ouvre les yeux quand sa femme ferme les siens, au même titre qu’il se rend enfin compte de la famille dont il est issu avec ce problème de terres à vendre. Prise de conscience d’un usurpateur qui ne se laisse pas couler, bien au contraire. Constat, action, réaction ! D’usurpateur, il passe à père et administrateur conscient de ses responsabilités.

Mon gros coup de cœur va aussi au lieu du tournage. Wahoo, je découvre Hawaï. Mais pas du tout comme vous l’imaginez. Le Hawaï du quotidien, brut, un peu sauvage et en même temps si verdoyant et sublime. Alors, il y a les chemises à fleurs, mais délavées sur des hommes qui se battent pour cette terre encore si méconnue au final. Les déplacements d’une île à l’autre en avion si banals. Voilà, le lieu est en adéquation avec le personnage : avocat d’une famille nantie, bah non, son quotidien n’est pas pavé d’or. Hawaï, c’est pareil, quand on y vit, ce n’est pas cocktail, plage et Yukulele. De même que la BO, très marquée par la musique locale, apparaît juste par touches. Il y a des scènes entières sans musique et c’était le juste dosage. Au même titre que le blanc fait respirer la couleur, le silence sublime les ritournelles de là-bas…

Paysage sublime, mais pas le Paradis…

Je ne sais si tout mon blabla précédent vous a convaincue ou non. Je ne sais même pas si j’ai vraiment envie de vous convaincre. Je l’ai vue, j’en suis heureuse, c’était un moment agréable et doux, sur un sujet pourtant douloureux. J’ai aimé les gens que j’ai vus. J’ai suivi leur peine, leur colère, leur espoir et surtout cette famille qui se construit enfin alors même qu’un de ses piliers les quitte. Et je suis sortie de la salle, sans me retourner, juste bien.


A voir en VO, la traduction française est vraiment pourrie ^^

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Roseline

The descendants, de Alexander Payne, avec Goerges Clooney, Shailene Woodley, Amara miller… Sortie en DVD et Blu-Ray le 30 mai 2012

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8 réponses à The descendants : juste la vie.

  1. j’en viens, j’ai adoré, Clooney vraiment juste, les filles magnifiques, moi j’ai été triste tout au long du film, j’ai pleuré plusieurs fois, peut-être aussi un peu par identification (j’ai deux filles, que deviendraient-elles sans moi, comment ferait leur père etc…bref…), j’ai trouvé ce film simple, parfois drôle, émouvant et poignant, j’ai vraiment aimé…
    tiens je vais peut-être même écrire un petit billet…

  2. roseline dit :

    Le secret: écrire tous les jours!! dixit Steven Moffat (Show runner de Doctor Who) et il a absolument raison!! Alors lance toi. .) Et merci pour le compliment au passage :D

  3. oh la la tu m’aurais vue, grosses larmes, figure inondée, nez qui coule et j’en passe !

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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