J. Edgar : un p’tit tour un peu rapide au FBI…

La rage, ce Hoover ^^

Clint Eastwood à la réalisation, Leonardo DiCaprio en rôle-titre : ça envoie du bois quand l’info tombe. Ce qui est tout de suite un peu plus obscur, c’est que c’est un biopic sur Hoover. Le nom vous dit quelque chose, mais on ne met pas tout de suite un visage, encore moins une histoire. Le mec des aspirateurs ? Noooon, cherchez encore… Avec un peu de bol, vous le confondez avec Mc Carthy : même look, même période, et un peu la même aura du pas-sympa-haut-placé-qui-tire-les-ficelles-en-interne. Je suis gentille, je vous aide. John Edgar Hoover (ils aimaient bien les noms à rallonge à l’époque) est LE Monsieur FBI. Très précisément celui qui fonda le « Federal Bureau of Investigation » en 1924 et qui le tint d’une main de fer jusqu’à sa mort en 1972. Le genre increvable (mais en fait si) et surtout droit dans ses bottes. Reste à savoir si ses bottes étaient pleines de boue…

Beaucoup de livres depuis la disparition de l’homme, beaucoup de documentaires. Il ressort de tout ça une personne brillante, complexe et à la fois intransigeante à outrance , aussi extrémiste que les extrémistes qu’il a voulu combattre tout au long de sa vie. Avec la disparition de la quasi intégralité des dossiers du FBI (comme par enchantement) à sa mort, Nixon a fait la tronche et à mon avis, plein d’autres gens ont dû soupirer de soulagement. Les spéculations sur ses actions et son éthique vont bon train Outre-Atlantique. Pourquoi j’insiste un peu sur tout ça? Car la seule faiblesse que j’ai trouvé à ce film, c’est que Clint Eastwood s’est empêtré en ne décidant pas clairement des facettes d’Hoover qu’il voulait présenter. Il aurait pu prendre le partie de ne traiter que l’homme et sa vie privée : son enfance difficile d’enfant bègue dans une famille qui ne tolère aucune « anormalité », une mère castratrice, une homosexualité refoulée; ou la construction du FBI et l’évolution de la police scientifique, sans oublier trois décennies au passage, parce que là, ça commence à faire beaucoup pour une ellipse. Le problème réside là. Clint Eastwood a choisi de faire des va-et-vient dans la vie de Hoover. Mais il se perd dans différents propos, allant de l’intime à la grande Histoire. Au final, on ne sait plus trop quel aspect s’offre à nous. Tout est un peu survolé et du coup pour aller vite, c’est peu fin dans le traitement. C’est dommage, ça m’a fait décrocher surtout le dernier quart d’heure. D’ailleurs, à plusieurs reprises, je croyais que la scène que je voyais bouclait le film et que les lumières allaient se rallumer, mais non… Mais n’allez pas lire, ce que je n’ai pas écrit : il est à voir. J’ai connu Clint Eastwood mieux inspiré sur sa construction de trame, notamment dans Invictus (sur les débuts de Nelson Mandela au pouvoir) alors que lui-même disait qu’il était plus dur de tourner sur une personne encore vivante, car plus gênant de parler de ses côtés sombres. Bref, risque de quelques cafouillages surtout vers la fin, vous êtes prévenus.

Deux Grands Monsieurs sur cette photo

Petit conseil : il faut aussi avoir un tout petit peu de connaissances sur l’Histoire et celle des États-Unis en particulier, ça aide : le rapport au communisme depuis le début du XXème siècle, la grande dépression, la prohibition et la période gangsters avec John Dillinger et Al Capone en tête, l’affaire Lindbergh en 1931, le président Roosevelt et sa femme aux mœurs particulières pour l’époque… La mésentente des Kennedy et leur frustration de ne pas tout contrôler, et pour finir, l’arrivée de Nixon au pouvoir en 68 et les USA bien embourbés au Vietnam et sortant difficilement de la ségrégation.

Comme à son habitude, Clint Eastwood est rigoureux quand il s’agit d’Histoire et là, pas de faille, on est embarqué. Il faut juste accepter qu’il manque d’un coup 30 ans (de 1935 à 1962 en gros) alors que ce n’est pas justifié. Les débuts du FBI, l’apport de la police scientifique et des experts est la partie la plus intéressante du film: j’aurai aimé voir la suite… Puis, bon, je suis en pleine période « Boardwalk Empire addict », alors quand il y a du « gangsters » ^^…

Leo, pas si méconnaissable

J.Edgar Hoover

Clyde Tolson (Armie Hammer) et Hoover (Leo DiCaprio) jeunes

Le casting est impeccable : du premier au dernier petit rôle. Leonardo DiCaprio m’impressionne de film en film (et je les ai quasiment tous vus). Il incarne autant physiquement qu’émotionnellement ses personnages, sans pour autant nous servir du Leo en bateau, Leo en mercenaire, Leo en espion, Leo en aviateur ;) : vivement Gatsby le magnifique fin 2012/début 2013). Ca se vérifie une fois de plus ici. Il campe un Hoover froid, rigide, et en même temps blessé et outrancier. La manière de marcher, l’attitude physique (trapu et ramassé sur lui), tout est en permanence au top. Il est laid du début à la fin, et ça colle. Bien sûr, la technique et le maquillage aident vraiment à incarner un homme de 19 à 77 ans, mais sans la prestation de l’acteur, pas de résultat aussi léché. Et Leonardo DiCaprio va chercher très loin dans ses émotions, ce qui donne une justesse du regard et de l’émotion à l’écran. Armie Hammer (les frères jumeaux dans The social Network, 2010) est aussi excellent en Clyde Tolson (le bras droit de Hoover). Lui aussi est très crédible aux différents âges de la vie.

40 ans plus tard…

Après, suivent Naomie Watts (Helen Gandy, la secrétaire à vie de Hoover, sa seule alliée si j’ose dire) et Judi Dench (inoubliable M des James Bond depuis 1995) en maman Hoover aimante, mais implacable et destructrice pour son fils.

Les reconstitutions des différentes époques sont soignées. La BO accompagne bien. Il y a chez Clint Eastwood une maîtrise de la lenteur qui donne de la force au propos, au lieu de nous ennuyer. L’action n’est pas forcément ce qui rythme le tout chez lui. Ca m’avait déjà fait ça dans Gran Torino (2008) et Invictus (2009) où cette lenteur me captivait plus que le reste. Au final, le tout se laisse bien regarder quand même. Avis aux amateurs.

Avec maman Hoover, faut couper le cordon Edgar


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Roseline

J.Edgar, de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprio, Armie Hammer, Judi Dench, Naomie Watts…Sortie DVD/Blu-Ray:  le 11 mai 2012

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3 réponses à J. Edgar : un p’tit tour un peu rapide au FBI…

  1. Doudoute dit :

    merci pour toutes ces explications !

    n’hésites pas à réaliser ta pomme au four nappée de chocolat … (dans les commentaires, on m’a dit qu’avec des amandes effilées ça serait encore mieux alors vas y fonces :)

    • Roseline dit :

      contente si l’article éclaire un peu ce personnage peu connu réellement en France ^^ Et pour la pomme, ça tombe bien, il me reste des amandes…Verdict samedi midi, Stéphanie sera mon cobaye ^^

  2. Doudoute dit :

    c’était 10g les mignonnettes je crois ! tu peux mettre du chocolat "normal’ en tablette ^^

Alors, vous en pensez quoi? ;)

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