Abarat, de Clive Barker: un nouveau monde à explorer…

Choisir un livre est pour moi une grande affaire : je repère une couverture, laisse mes doigts courir sur les pages, m’enivre avec plaisir de l’odeur du papier… Puis, vient la rencontre avec la quatrième de couverture, celle qui me donne envie de l’ajouter à ma collection, ou pas. Des fois, je me trompe, et c’est une horrible déception. D’autres fois,  je tombe juste, et ça, J’AIME.

Vous comprendrez donc que quand on m’offre des livres, je suis un peu perplexe… Je n’ai pas choisi… Et rares sont les personnes qui ne tombent pas à côté. Mais là, le jour de mes 30 ans, un petit miracle s’est produit… Mon bon ami le Captain Mac Aaron (oui, oui, celui des Chroniques du Canapé Intergalactique !) m’a offert les deux tomes d’Abarat, de Clive Barker. Ces livres ont fait la connaissance de mes étagères (débordant déjà de multiples bouquins), avant d’atterrir entre mes mains, il y a une semaine. Il me fallait occuper le temps de transports (2h30 les mecs, c’est pas rien !). Et donc, au bout d’une semaine, j’ai fini le premier tome. Parce que c’est tout simplement génial. Au sens premier. Avec ce livre, Clive Barker nous montre son génie.

Si ce nom ne vous dit rien, laissez-moi vous présenter un peu le personnage : Clive Barker, producteur, réalisateur, scénariste, notamment d’Hellraiser et de Candyman, tous deux inspirés de ses nouvelles. Car avant tout, Clive Barker est un écrivain. Je vous laisse chercher sur le net ses autres romans. Moi, je sais qu’après Abarat, je vais me jeter sur Imajica (18 mois de travail, 14 heures par jour, 7 jour sur 7 !), chef-d’œuvre de l’écrivain, dans lequel figurent 5 mondes différents… Je salive déjà… Mais revenons-en à Abarat.

Candy Quackenbush, notre héroïne, qui s'ennuie dans la bien nommée Chickentown...

Dès les premières pages (hors prologue, ne chipotons pas !), nous entrons dans la vie de l’héroïne : Candy Quackenbush, adolescente américaine vivant au fin fond du Minnesota, dans une ville du nom de Chickentown. Au seul nom, ridicule, de cette petite ville, on sait qu’on va s’y ennuyer. On n’a pas tort. L’économie locale s’est construite autour de l’élevage de poulets (ça vous surprend ?), et le destin de tous, dans cette ville, y est lié. Certainement qu’un jour, Candy devra travailler à l’usine de poulets, et passer sa vie à Chickentown. Et cette perspective ne la réjouit guère… Alors, avec elle, on comprend pourquoi : son père alcoolique, sa mère effacée, ses frères inexistants… Un élément simple va venir bouleverser son petit monde (ah, l’élément déclencheur, mon préféré !) : un exposé à faire sur Chickentown. Candy n’a aucune envie de parler des poulets, elle va donc s’intéresser à une vieille histoire oubliée, dont tout le monde se fiche, mais dont elle va se délecter. Bien sûr, son exposé sera mal accueilli, et, lasse, Candy se mettra à marcher, sans savoir exactement où ses pas la mèneront. Mais vous, vous avez déjà une petite idée, non ?

Gangrène...

Je m’arrête là, car je ne veux pas vous voler le plaisir de la découverte. L’univers créé par Clive Barker est étonnamment riche. Les créatures sont nombreuses et si différentes les unes des autres, que par moments j’en ai eu le tournis. Je me suis facilement immergée dans l’Abarat, aussi bien que Candy dans l’Izabella (la mer d’Abarat). Parfois, on est un peu perdu, tellement tout cela est complexe. Mais ce sentiment, on le partage avec Candy: nous sommes à ses côtés quand elle découvre John Canaille, Morphe, ou les Sautilleurs marins… Et avec elle, on apprivoise ce monde, plus ou moins bien, qui reste cependant surprenant à chaque chapitre. Le style de l’auteur est fluide et cohérent: des mots imaginaires pour un monde imaginaire. Un fil se créé entre les mots et nos yeux, auquel se balance tous les personnages et lieux (vous voyez ce que je veux dire?). Et il m’a été très dur à chaque fois de refermer le livre (2h30, c’est trop court en fait!). Pour que vous arriviez à vous faire une idée, je comparerais la complexité de l’univers de Barker à un Tolkien. Mais la comparaison s’arrête là, car le monde de Barker est vraiment unique.

Détail qui a son importance : toutes les illustrations sont de lui. Rares sont les écrivains qui peuvent se vanter de pouvoir illustrer leurs ouvrages. Ce détail, qui en fait n’en est pas un, nous fait vraiment voir Abarat par les yeux de son créateur, et ça, je trouve que c’est magique, on entre vraiment dans la tête du "créateur". Je vais de ce pas m’empresser de dévorer le second tome! Le troisième tome vient de sortir aux US et en Angleterre (pas encore traduit chez nous, grrr!), et cinq volumes sont prévus en tout… Donc encore deux à venir! Joie intense! Gourmandise littéraire exacerbée!

Si vous aimez vous évader, si parfois, vous avez le sentiment d’être « à l’étroit », venez vous égarer sur les îles sauvages et pleines de surprises de l’Abarat, croyez-moi, vous ne le regretterez pas…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Stéphanie

« J’ai rêvé d’un livre sans limites

Un livre libre, sans reliure,

Qui sème une folle profusion de pages.

A chaque ligne se dessine un nouvel horizon,

De nouveaux cieux imaginés ;

Nouveaux états, âmes nouvelles.

L’une de ces âmes,

A rêvé ces mots

Assoupie, un après-midi.

Cherchant une main pour les consigner,

Elle a créé la mienne. »

Clive Barker

Un tarrie-chat...

Cette entrée, publiée dans Lectures, est taguée , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien.

Alors, vous en pensez quoi? ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s