Facebook m’a tuer : «Follow me» que je me sente exister, et surtout montrez bien que vous « enjoy ! » chaque instant de votre vie…

Oui, oui, oui, je sais. Parler de ça en étant bloggeuse, twitteuse, facebookeuse, ça peut paraître un peu masochiste. Ca serait vrai si ce livre était là pour dénoncer, tels des justiciers implacables, la décadence de nos vies sociales et privées, exposées à tout vent pour le plaisir malsain de se mettre à nu en permanence. Heureusement, le propos n’est pas de culpabiliser les millions d’utilisateurs, mais juste d’admettre enfin que nos comportements dans la vie, et nos actions envers les autres, ont profondément changé avec l’émergence des réseaux sociaux et autres moyens de communication virtuels. Et il y a bien un avant et un après, soyons honnêtes. En tout cas moi, je ne me voile pas la face et n’en suis pas toujours fière. Et ça, Alexandre des Isnards et Thomas Zuber se chargent de vous l’expliquer dans leur livre Facebook m’a tuer. Après s’être intéressés à l’open space, les revoilà, anthropologues de notre société actuelle, pour rendre clair ce qui se cache derrière nos petites manies liées à ces réseaux et autres appli de nos smartphones…

Thomas Zuber et Alexandre des Isnards

Alors, refuser tout en bloc et camper sur « c’était mieux avant » est une possibilité. Mais, il y a un moment où il faut admettre que les problèmes ne viennent pas des outils, mais bien de l’utilisateur. Et là où ça se mord la queue, c’est bien que les avancées, nouvelles applis, nouvelles interfaces sont créées car « on » sait que les utilisateurs vont suivre, et même en redemander. Quand bien même notre société évoluerait selon d’autres découvertes technologiques (j’imagine un monde sur le mode « steam punk », ça, ça serait méga la classe ;) ), on en viendrait toujours à se poser des questions sur ce que l’on en fait et les dérives qui seraient tout aussi présentes, et par moment dérangeantes. C’est pourquoi quand j’ai commencé à entendre parler de ce bouquin, je n’ai pas pu m’empêcher de soupirer de soulagement : déculpabilisation à mort sur le fait de me sentir par moment accroc à tout ça. Apparemment, ça touche tout le monde. Ouf ! Et tant que je continue à avoir du recul et une réflexion sur les limites, ça va, je devrais survivre sans sombrer dans la folie ! ^^

Alors, don’t panic ! Il ne s’agit pas d’un long compte-rendu des observations des comportements sur les réseaux sociaux, avec analyse froide sur des pages et des pages. Tout simplement, les chapitres fonctionnent comme des saynètes qui sonnent « vrai », selon un thème : les photos de vacances partagées, les sites de rencontres ou de PQR* ; Farmville et autres tamagotchis grandeur nature, l’orga de soirée, l’annonce d’une grossesse ou d’une naissance, le « je twitt » donc "je suis »…Très souvent drôle, humain, on s’y retrouve à la manière d’ « Un gars, une fille » ou « Scène de ménage » sur papier.

Avant les réseaux sociaux, le monde du travail en ligne de mire...

Mais la force du propos vient aussi qu’ils ne se contentent pas de nous faire rire en pointant ce sur quoi on accepte la moquerie. Il y a aussi un pan beaucoup plus inquiétant et qui va vous faire ressentir vaguement de la honte : on n‘appelle plus, on textote pour éviter « l’autre » ; on met à l’écart quand par moment ça va mal parce qu’il est vachement plus sympa de suivre le flow plutôt que d’épauler un ami ; on met « peut-être » en attendant de voir si mieux se présente. Tout va plus vite, tout s’organise plus vite. Attention d’ailleurs, si vous loupez le spot, ne serait-ce de quelques heures parce qu’au taf, bah en fait vous bossez et rien de plus, il se pourrait que vous deveniez transparent, pour ne pas dire plus moche. L’avantage : on cerne plus vite certains « amis » et on les dégage plus vite. On peut dire : « Moi, jamais je fais ça ! », oui, on peut… Après, chacun voit avec sa conscience. Et ça aussi, ça m’a plu, même si ça fait s’interroger sur notre prétendue gentillesse, et nos « amis ». Ca gratte un peu, mais c’est tellement sain un petit peeling moral de temps à autre.

Allez, je vous laisse, j’ai des choses à faire IRL*, mais pas de soucis, je « gère » et on se « capte » ASAP* ! A moins que je ne mette ce soir la photo de mon dîner… Bah quoi, c’est moi qui l’ai fait et il faut que ça se sache !! ;)

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Roseline

Petit glossaire (non, ce n’est pas une insulte ^^)
PQR : Plan cul Régulier
IRL : In Real Life (oui, oui maintenant vous vivez sur deux plans, voire plus !)
ASAP : As Soon As Possible

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